23ᵉ Congrès de l’AAEA au Cameroun : Engagements pour l’accès des populations à l’eau en Afrique…

Le Ministre de l’eau et de l’énergie du Cameroun, Représentant personnel du Chef de l’État, Gaston Eloundou Essomba, lors de son allocution de clôture

Placé sous le très haut patronage du Président de la République du Cameroun, S.E. Paul Biya, le 23ᵉ Congrès international et Exposition de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) a refermé ses portes ce jeudi 12 février 2026. Sous le thème central « Eau et Assainissement pour Tous : des actions fortes pour l’Afrique », les travaux ont été officiellement clos par Gaston Eloundou Essomba, Ministre de l’Eau et de l’Énergie, représentant personnel du Chef de l’État. Ce rendez-vous historique, marqué par une organisation sans faille sous la houlette du Dr Blaise Moussa, a consacré le passage de témoin au Sénégal, futur pays hôte.

Par Prince Aristide NGUEUKAM

Pendant quatre jours intenses, la capitale politique camerounaise, Yaoundé, s’est muée en plaque tournante de l’expertise hydraulique et sanitaire du continent. Dans les couloirs du Palais des Congrès, l’effervescence était à la mesure des enjeux : plus de mille délégués, ministres, directeurs de sociétés de patrimoine, régulateurs et partenaires techniques se sont penchés sur l’épineuse question de l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement.

Le Président de l’AAEA, Dr Blaise Moussa, passe le témoin au Sénégal après une belle organisation du 23e congrès de l’AAEA à Yaoundé

Un succès organisationnel salué à l’unanimité

L’un des points d’orgue de cette édition restera, sans conteste, la qualité de l’accueil et la maîtrise logistique de l’événement. Lors des différentes sessions de clôture, les participants, venus des quatre coins du continent et d’ailleurs, ont tenu à exprimer leur vive satisfaction. Un vibrant hommage a été rendu au Cameroun pour la réussite éclatante de l’organisation, pilotée avec rigueur par le Dr Blaise Moussa, Président de l’AAEA. Cette reconnaissance unanime souligne la capacité du pays hôte à fédérer les énergies africaines autour de projets d’envergure, offrant un cadre de dialogue serein, moderne et propice à l’éclosion de solutions concrètes. Le Dr Blaise Moussa a d’ailleurs été félicité pour son leadership à la tête de l’Association, ayant su insuffler un dynamisme nouveau à cette institution panafricaine.

Une vue des officiels

La Déclaration de Yaoundé : Une boussole pour le continent

Le point culminant de ce sommet demeure l’adoption de la « Déclaration de Yaoundé ». Ce texte, loin d’être une simple énumération de principes, se veut un manifeste politique pour une Afrique résiliente. En évitant les énumérations classiques, la Déclaration de Yaoundé lie intrinsèquement quatre piliers fondamentaux. Elle appelle d’abord à une gouvernance transparente et redevable, condition sine qua non pour attirer les investissements massifs nécessaires au secteur. Elle insiste parallèlement sur la nécessité de disposer d’opérateurs de services performants et dotés d’une autonomie de gestion réelle, leur permettant de s’affranchir des lourdeurs bureaucratiques.

De nombreux participants présents à la clôture

Plus loin, le document exhorte les États à explorer des mécanismes de financement innovants qui tiennent compte des spécificités économiques des contextes locaux, tout en intégrant de manière systématique les femmes et les jeunes professionnels dans les processus de décision. Cette inclusion est désormais perçue non plus comme une option, mais comme un moteur essentiel de durabilité et d’innovation technologique.

Présence d’une grande délégation du Sénégal

Vers une mutation technologique et écologique

Le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, dans son discours de clôture, a rappelé que l’heure n’est plus aux simples constats. L’Afrique doit passer du diagnostic à l’action structurée. Les débats ont mis en lumière l’urgence de la digitalisation des réseaux pour réduire les pertes d’eau (eaux non facturées) qui plombent les revenus des opérateurs. La question de l’assainissement a également été réhabilitée au rang de priorité nationale, avec une orientation forte vers l’économie circulaire : la transformation des déchets en ressources énergétiques ou agricoles devient un levier de croissance verte.
L’intervention du Ministre tchadien, Marcelin Passalé Kanabé, a renforcé cette vision en plaidant pour une coopération transfrontalière accrue. La gestion partagée des ressources hydriques est, selon lui, le seul rempart efficace contre les pressions climatiques qui menacent la stabilité du continent.

Photos de famille, après le passage du témoin au Sénégal

Le passage de témoin : De Yaoundé à Dakar

La cérémonie s’est achevée par une séquence chargée d’émotion et de symboles. Le Dr Blaise Moussa, au nom de l’AAEA, a procédé au passage de témoin officiel avec la délégation sénégalaise. C’est donc le Sénégal qui accueillera le 24ᵉ Congrès en 2028. Ce transfert de flambeau assure la pérennité d’une dynamique engagée au Cameroun, visant à transformer chaque goutte d’eau en un vecteur de développement humain.
En se quittant sur des notes culturelles offertes par le Ballet National, les congressistes ont emporté avec eux « l’esprit de Yaoundé » : une volonté farouche de traduire les engagements de 2026 en politiques publiques audacieuses.

Dr Blaise Moussa, Président de l’AAEA et Dg de Camwater, l’artisan de la réussite du 23e Congrès

Le rendez-vous est pris pour Dakar, mais c’est bien à Yaoundé qu’une nouvelle page de l’histoire de l’eau en Afrique s’est écrite sous le haut patronage de S.E. Paul Biya.