Scandale des Fonds Forestiers au Congo : La CNTR annonce un audit d’envergure…

Joseph Mana Fouafoua,Pdt de la CNTR Congo

Face à la montée des inquiétudes concernant la gestion de certains fonds publics, la Commission Nationale de Transparence et de Responsabilité dans la gestion des finances publiques (CNTR) sort de son silence. Dans un communiqué officiel publié ce 21 janvier 2026, l’institution annonce l’ouverture d’un contrôle rigoureux sur les comptes spéciaux du Trésor, avec une attention particulière portée au Fonds d’Aménagement des voies forestières.

Une réaction aux alertes médiatiques

Le déclencheur de cette mise au point est un article publié le 17 janvier dernier par un journaliste indépendant. Ce rapport, largement diffusé sur les réseaux sociaux, pointait du doigt des zones d’ombre dans la gestion des ressources destinées aux infrastructures nationales.
Les responsables du CNTR précisent que l’institution a pris la pleine mesure des faits rapportés. Le journaliste y évoquait notamment des retards de paiement et des suspensions de chantiers cruciaux pour le désenclavement du pays, citant même un tragique accident mortel survenu sur la rivière Noumbi, faute d’infrastructures adéquates.

Des enjeux d’infrastructures et de sécurité

Au cœur de la polémique se trouve le Fonds d’Aménagement des voies forestières. Ce fonds est censé financer des projets d’intérêt national majeur, tels que la construction de ponts sur les rivières Ngoko, Noumbi et Lekety, ainsi que la route Pikounda-Pokola.
La CNTR rappelle que le cadre légal existe : le décret n°20-2024-264 du 21 juin 2024 fixe strictement les modalités d’encaissement et de décaissement de ces ressources. De plus, un compte séquestre a été spécifiquement ouvert à la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) pour sécuriser ces fonds. Ces derniers doivent, selon la loi de finances 2024, servir exclusivement à l’aménagement des routes en terre, à la réhabilitation des ouvrages de franchissement et à la formation des artisans aux métiers du bois.

Une vue aérienne de la forêt équatoriale

La CNTR lance une offensive de contrôle

Fidèle à sa mission de gardienne de la bonne gouvernance, la CNTR réaffirme son « exercice entier » de contrôle. Loin de se limiter à une simple observation, les membres de la Commission ont officiellement engagé des travaux de contrôle approfondis et rigoureux.
Cette enquête budgétaire ne se contentera pas de l’année en cours, mais couvrira une période large allant des exercices 2022 à 2025. L’objectif est clair : faire la lumière sur l’utilisation réelle des fonds et comprendre l’origine des dysfonctionnements opérationnels signalés.

Vers une transparence totale

L’institution promet que ce travail ne restera pas dans les tiroirs de l’administration. À l’issue de ces contrôles, un dossier de rapports détaillés sera transmis aux plus hautes autorités de la République. Surtout, dans un souci de redevabilité, ces conclusions seront rendues accessibles au public.
Avec cette prise de position ferme, la CNTR, créée par la loi en 2019 pour promouvoir la transparence au Congo, entend démontrer qu’aucune opacité ne sera tolérée dans la gestion des deniers publics, particulièrement lorsque la sécurité et le développement des populations sont en jeu.