Sommet Extraordinaire de la Cemac 2026:

Le plaidoyer de Sassou N’Guesso pour une CEMAC inébranlable

Le président Sassou N’guesso lors de son allocution d’ouverture

Brazzaville, le 22 janvier 2026 – Sous la présidence de Denis Sassou N’Guesso, les Chefs d’État de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale se sont réunis en sommet extraordinaire. Entre espoir de reprise et menaces de chocs monétaires, le message d’ouverture du doyen de la région a tracé la voie d’une « résilience collective » face à une économie mondiale de plus en plus instable.

Par Prince Aristide Ngueukam, envoyé spécial à Brazzaville-Congo.

Le Centre de Conférence international de Kintélé à Brazzaville a vibré ce matin au rythme de l’intégration régionale. Autour de Denis Sassou N’Guesso, hôte de l’événement, le quorum diplomatique était au sommet : Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique), Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée Équatoriale) ont répondu présent. Le Cameroun et le Tchad étaient respectivement représentés par leurs ministres des Finances et de l’Économie, Louis Paul Motaze et Tahir Hamid Nguilin, témoignant de l’importance technique et politique des dossiers sur la table.

Un bilan teinté d’optimisme mais sous haute surveillance

Dès l’entame de son propos, le Président Denis Sassou N’Guesso a tenu à marquer une pause symbolique en présentant ses vœux de paix pour l’année 2026, avant de plonger dans le vif du sujet : l’évaluation de la santé financière de la sous-région.
Cinq ans après les sommets de crise post-COVID et deux ans après la rencontre de Yaoundé en 2024, le constat est, selon lui, « salutaire ». « Aujourd’hui, nos économies enregistrent une croissance positive. L’inflation amorce un repli appréciable », s’est félicité le président en exercice de la CEMAC. Un satisfecit qui cache cependant une vigilance de tous les instants. Si les indicateurs repassent au vert, l’ombre d’un « choc monétaire » et de l’érosion des réserves de change plane sur la zone franc d’Afrique centrale.

Une vue des participants

L’appel à la « Responsabilité » face à l’instabilité mondiale

Le ton s’est fait plus grave lorsque le chef de l’État congolais a évoqué le contexte international. Pour Sassou N’Guesso, il ne s’agit pas seulement de célébrer les acquis, mais de protéger la Communauté contre la volatilité des marchés mondiaux et les tensions géopolitiques.
« Le présent sommet nous offre l’opportunité de faire un point d’étape lucide et responsable », a-t-il martelé, rappelant que les décisions prises en 2016, 2021 et 2024 doivent impérativement être suivies d’effets. L’heure n’est plus aux simples recommandations, mais à une mise en œuvre « résolue ».

Un message fort aux partenaires internationaux

Le point d’orgue de cette allocution a sans doute été l’appel direct lancé aux institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale) et aux partenaires bilatéraux. Alors que la CEMAC s’efforce de stabiliser son cadre macroéconomique, Denis Sassou N’Guesso exige un « accompagnement plus efficace ». Un message clair : les réformes internes courageuses menées par les États membres méritent un soutien financier plus prévisible et moins contraignant pour soutenir les efforts de développement.

Cap sur le huis clos : Vers des décisions historiques ?

« Vive la CEMAC ! ». C’est sur ce cri de ralliement que le Président a clos la cérémonie d’ouverture, avant d’inviter ses pairs à rejoindre la salle du huis clos.
C’est là, loin des caméras, que se jouent les véritables enjeux du sommet. Selon des sources proches de la Commission, les discussions devraient porter sur la gestion des devises par la BEAC, la problématique de la dette souveraine et la solidarité budgétaire entre les pays pétroliers et non-pétroliers.
Dans une Afrique centrale à la croisée des chemins, le sommet de Brazzaville 2026 pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère de souveraineté économique partagée. Les populations, à qui le Président a dédié ses vœux de bonheur, attendent désormais que la « croissance positive » vantée à la tribune se traduise enfin dans leur panier de la ménagère.