CONSEIL DE PAIX DE TRUMP :
Poutine pose ses conditions et mise un milliard de dollars

Alors que Donald Trump lance son initiative de « Conseil de paix », le Kremlin a répondu , le 22 janvier dernier, par un mélange de courtoisie diplomatique et de stratégie géopolitique. Tout en saluant la démarche américaine, Vladimir Poutine conditionne la participation de la Russie à une expertise approfondie du droit international et propose un geste spectaculaire : le financement d’un milliard de dollars pour la reconstruction de Gaza, prélevés sur les avoirs russes gelés aux États-Unis. Entre main tendue et défi lancé à Washington, Moscou se positionne en arbitre de l’équilibre mondial. Lire la réaction du président Vladimir POUTINE
Vladimir POUTINE, Président de la fédération de Russie :
«nous pourrions, à mon avis, verser au Conseil de paix un milliard de dollars provenant des avoirs russes gelés sous l’ancienne administration américaine.»
« En ce qui concerne le Conseil de paix, nous avons effectivement reçu une invitation personnelle du président américain Donald Trump à rejoindre la nouvelle structure internationale qu’il a proposé de créer, le Conseil de paix.
À cet égard, je tiens tout d’abord à remercier le président américain pour cette proposition. Nous avons toujours soutenu et continuons de soutenir tous les efforts visant à renforcer la stabilité internationale. Nous saluons également la contribution de l’administration américaine actuelle à la recherche d’une solution au règlement de la crise ukrainienne.
Pour ce qui est de notre participation au Conseil de paix, le ministère russe des Affaires étrangères a été chargé d’étudier les documents qui nous ont été transmis et de consulter nos partenaires stratégiques à ce sujet. Ce n’est qu’après cela que nous pourrons répondre à l’invitation qui nous a été adressée.
Cette proposition porte avant tout sur le règlement du conflit au Proche-Orient et sur la recherche de solutions possibles aux problèmes immédiats du peuple palestinien ainsi qu’aux problèmes humanitaires les plus aigus dans la bande de Gaza. Dans ce contexte, je tiens à souligner que l’essentiel est que ce processus ait un effet favorable sur le règlement à long terme du conflit israélo-palestinien fondé sur les décisions pertinentes des Nations Unies. Il est également nécessaire que les besoins et les souhaits légitimes des Palestiniens soient pris en compte. Cela concerne la reconstruction de la bande de Gaza et de ses infrastructures sociales de base, ses services de santé,son approvisionnement en eau et sa sécurité alimentaire. C’est pourquoi, dès à présent, avant même d’avoir pris une décision sur notre participation à la composition et aux activités du Conseil de paix, au vu des relations privilégiées que la Russie entretient avec le peuple palestinien, nous pourrions, à mon avis, verser au Conseil de paix un milliard de dollars provenant des avoirs russes gelés sous l’ancienne administration américaine.
Enfin, je tiens à souligner que toute initiative visant à instaurer la paix et la stabilité doit reposer sur les principes du droit international, du respect de la souveraineté des États et de l’équité dans le traitement des parties concernées.
La Russie reste convaincue que seule une approche globale, équilibrée et inclusive permettra d’aboutir à un règlement durable des conflits actuels, qu’il s’agisse du Proche-Orient ou d’autres régions du monde.
Nous continuerons à œuvrer en faveur du dialogue, de la désescalade et de solutions politiques fondées sur la justice, le respect mutuel et la responsabilité internationale.
La Russie est prête à coopérer avec tous les partenaires sincèrement engagés dans la recherche de la paix, à condition que ces efforts ne servent pas d’instrument de pression ou de domination géopolitique, mais qu’ils contribuent réellement à la sécurité et au bien-être des peuples. Nous partons du principe que seule une coopération internationale honnête, fondée sur la confiance et l’égalité, permettra de construire un ordre mondial plus stable, plus prévisible et plus juste »
