Transparence financière au Congo : Quand le FMI promet d’accompagner la CNTR
Les bureaux du Fonds Monétaire International (FMI) à Brazzaville ont accueilli, le 29 janvier 2026, une rencontre de haut niveau entre Joseph Mana Fouafoua, Président de la Commission Nationale de Transparence et de Responsabilité (CNTR), et Maximilien Kaffo, le nouveau Représentant Résident de l’institution. Au cœur des échanges : l’épineux dossier de la gestion des deniers publics.

Un cadre légal en quête d’efficacité
Accompagné de son Vice-Président Albert Ontsaka, Joseph Mana Fouafoua a profité de cette prise de contact pour rappeler le socle juridique qui légitime son action. De la loi de 2017 sur le Code de transparence à celle de 2019 créant la CNTR, l’arsenal législatif congolais semble, sur le papier, paré pour affronter les dérives de gestion. Pourtant, la présentation du Plan stratégique 2025-2029 lors de cette audience a trahi une réalité évidente : la Commission a besoin de passer de la théorie à la pratique opérationnelle pour véritablement marquer son territoire.
L’expertise internationale comme bouée de sauvetage
Face aux ambitions affichées par la CNTR, Maximilien Kaffo a adopté une posture d’écoute active. Le diplomate camerounais, fort de son expérience passée au Togo, a laissé entrevoir une disponibilité du FMI pour muscler les capacités techniques de la Commission. Il a été question de mobiliser l’expertise du Fonds pour former le personnel congolais aux méthodes d’enquête et d’analyse financière. Cette main tendue institutionnelle vise, en théorie, à permettre à la CNTR de mieux remplir ses missions de contrôle et d’audit des pratiques publiques.
Le défi du passage de l’intention à l’action
Cependant, si les échanges ont été cordiaux, ils demeurent pour l’heure cantonnés au stade des intentions. La « disposition à accompagner » exprimée par le Représentant Résident devra se traduire, dans les mois à venir, par des protocoles concrets et des financements de programmes de formation. Pour la CNTR, l’enjeu est de taille : transformer ces bases de collaboration en outils de pression réelle sur la gestion des finances de l’État, afin que la transparence ne reste pas un simple vœu pieux formulé dans les salons feutrés de Brazzaville.


