EMPLOI ET PROJETS :
Après 44 ans de pouvoir,les solutions du Président contre le chômage…

Face au désarroi d’une jeunesse confrontée au chômage, le Chef de l’État a profité de la 60e Fête de la Jeunesse pour détailler son plan d’action. Entre l’expérience de ses 44 ans de pouvoir et l’urgence de la crise actuelle, Paul Biya tente de transformer l’empathie en mesures concrètes.

Le Président de la République du Cameroun, S.E Paul Biya, lors de son adresse à la nation le 10 février 2026

Par Prince Aristide NGUEUKAM

En s’adressant aux jeunes ce 10 février 2026, Paul Biya n’a pas ignoré les « peurs » et les « angoisses » de cette génération. Cependant, cette adresse intervient dans un contexte singulier : celui d’un dirigeant au pouvoir depuis 1982. Pour une partie de la jeunesse, cette longévité de 44 ans est source de découragement, suscitant des doutes légitimes sur la capacité d’une gouvernance historique à renouveler ses méthodes pour résoudre le problème structurel de l’emploi.
Un rempart contre la résignation
Aux jeunes tentés par l’exil ou le renoncement, le Président oppose une fin de non-recevoir. Son conseil réside dans la persévérance, qu’il érige en « secret de la réussite ». Il appelle à une confiance renouvelée en ses propres capacités, martelant que le doute ne doit pas conduire à l’abandon. Pour le Chef de l’État, la réponse au chômage n’est pas seulement administrative, elle est aussi psychologique.

L’artillerie financière : Le Plan spécial de promotion de l’emploi

Afin de donner corps à cette persévérance, le Président a décliné les piliers de sa nouvelle stratégie, fer de lance de ce septennat.
Dans recherche de solutions, Paul Biya fait valoir les nouvelles mesures d’incitation fiscale validées dans la loi de finances 2026. Ici, le gouvernement mise désormais sur le secteur privé à travers des exemptions fiscales. Cette mesure vise à encourager les entreprises à recruter des jeunes diplômés, brisant ainsi le cercle vicieux de l’expérience professionnelle souvent inaccessible.
D’autres parts, le chef de l’État est revenu sur la dotation de 50 milliards de Francs CFA, prévue par la loi de finances, destinée à l’entrepreneuriat jeune. Ce « Seed Funding » doit permettre de financer des projets innovants, particulièrement dans le numérique et l’agriculture.
Par ailleurs , l’homme du renouveau a pensé au renforcement des filets de sécurité. Parallèlement, le relèvement des subventions du Fonds National de l’Emploi (FNE) et le développement des chantiers à Haute Intensité de Main-d’œuvre (HIMO) offrent des débouchés immédiats pour les jeunes du secteur informel.

« Il n’y a pas de petit métier »

Le Président a également tenu à réhabiliter la dignité de tous les secteurs d’activité. En rendant hommage aux jeunes de la « débrouillardise », il souligne que chaque initiative est utile à la construction du pays. L’objectif est de bâtir une synergie entre l’État, le secteur privé et la société civile.
En 2026, si les outils financiers sont sur la table, le défi reste de taille : convaincre une jeunesse née bien après son accession à la magistrature suprême que ces promesses se transformeront, cette fois, en opportunités réelles et durables.