DÉRIVES SOCIALES:
L’appel à la responsabilité de Paul Biya
Face à la montée préoccupante de l’incivisme, de la consommation de stupéfiants et de la dépravation des mœurs, le Chef de l’État a profité de la 60e Fête de la Jeunesse pour rappeler une vérité fondamentale : il n’y a pas de droits sans devoirs. Un discours qui sonne comme un rappel à l’ordre pour les jeunes, mais aussi pour les parents et les éducateurs.

Par Prince Aristide NGUEUKAM
Si le Président a consacré une grande partie de son message aux opportunités économiques, il n’a pas occulté la crise morale qui fragilise la base de la société camerounaise. « L’avenir du Cameroun repose entre vos mains », a-t-il lancé à la jeunesse, tout en pointant du doigt les excès dans lesquels une partie de cette génération semble s’égarer.
Un miroir tendu aux dérives de la « Génération Android »
Le constat présidentiel est sans concession face aux fléaux qui s’invitent désormais au quotidien : la délinquance juvénile, l’abus d’alcool et, plus grave encore, la prolifération des stupéfiants qui détruisent la force vive du pays. Paul Biya a particulièrement insisté sur l’usage « excessif et abusif » des réseaux sociaux. Là où le numérique devrait être un levier de développement, il est devenu pour beaucoup un espace de dépravation et de propagation de discours haineux ou stériles.
Pour le Chef de l’État, ces comportements ne sont pas seulement des fautes individuelles, mais des atteintes à la communauté nationale. Il rappelle que chaque jeune a des devoirs envers ses parents et envers la Nation, le premier d’entre eux étant de préserver son intégrité physique et morale pour être utile à l’édification du pays.
Parents et éducateurs : la fin de la démission ?
Cependant, Paul Biya refuse de faire de la jeunesse le seul bouc émissaire de cette déliquescence. Dans un élan de franchise, il a interpellé les parents et les éducateurs, les appelant à « jouer pleinement leur rôle ». Le message est clair : la cellule familiale et l’école ne doivent plus être des lieux de tolérance ou de facilitation des dérives.
L’éducation ne se limite pas à l’instruction académique ; elle est d’abord une transmission de valeurs. Le Président fustige cette forme de démission parentale qui laisse les enfants à la merci des influences néfastes des rues et des écrans. Il demande aux administrations de veiller à la protection des milieux scolaires et familiaux, tout en exigeant des adultes qu’ils redeviennent des modèles de probité.
Vers un nouveau contrat citoyen
En appelant au « sens des responsabilités » de chaque acteur, le Chef de l’État propose un pacte social renouvelé. La paix, l’unité nationale et la stabilité des institutions ne sont pas des acquis définitifs, mais des trésors que la jeunesse doit apprendre à chérir et à protéger.
Ce volet du discours rappelle que les milliards investis dans l’emploi et les infrastructures n’auront aucun impact si la jeunesse, destinataire de ces efforts, sombre dans l’aliénation des mœurs. En 2026, l’ambition du « Cameroun émergent » passe impérativement par un réarmement moral collectif, où la discipline redevient la règle et le respect des aînés, une valeur cardinale.
