Crise du Scanning au Port de Douala-Bonabéri :
Le PAD sort du silence et recadre le GECAM

Dans un communiqué de presse incisif publié le 13 février 2026, la Direction Générale du Port Autonome de Douala (PAD) a tenu à apporter des clarifications majeures suite aux récentes préoccupations du patronat camerounais (GECAM). Entre rappel des missions régaliennes et dénonciation d’un « blocage douanier », l’Autorité Portuaire joue la carte de la fermeté. Toutefois, le PAD invite l’ensemble de la chaîne logistique à privilégier un « dialogue constructif » afin de garantir la continuité des opérations, dans l’intérêt supérieur du commerce extérieur et des économies de la sous-région…
Le point de départ de cette mise au point est le communiqué du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) daté du 12 février 2026.

Un étonnement face à la démarche du GECAM
Le PAD exprime ouvertement son « étonnement » face à la méthode employée par le groupement patronal.
L’Autorité Portuaire regrette que le GECAM, dont elle est pourtant membre actif, n’ait pas privilégié la voie de la concertation directe. Selon le PAD, une démarche prudente de consultation habituelle aurait permis d’éviter des interprétations erronées sur l’organisation du scanning des marchandises.
Sécurité et performance : les piliers de la réorganisation
Face aux critiques visant le dispositif de contrôle, le Port Autonome de Douala rappelle que sa mission repose sur un équilibre délicat entre les impératifs de sûreté et les exigences de compétitivité. La réorganisation en cours du scanning des flux imports/exports, qualifiée de contrôle non-intrusif, répond ainsi à plusieurs priorités stratégiques.
D’une part, ces mesures s’inscrivent strictement dans le cadre des lois en vigueur et des directives prescrites par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement. D’autre part, elles visent à garantir la sécurité des navires, des personnes et des installations portuaires tout en préservant l’attractivité économique de la place de Douala-Bonabéri. L’objectif final demeure le maintien de tarifs compétitifs, essentiels pour soutenir la croissance des économies nationale et sous-régionale.

La question sensible des tarifs
Le communiqué du Chef de Division de la Communication et des Relations Publiques du PAD, apporte un éclairage crucial sur la tarification des services portuaires. Le PAD souligne que tout tarif appliqué est soumis à un processus rigoureux d’homologation par l’Autorité Portuaire Nationale (APN), après un long processus de consultation par les membres de la Communauté Portuaire eux-mêmes.
Le PAD précise que les tarifs actuels sont en vigueur depuis janvier 2019 et s’appliquent tant aux services du PAD qu’aux opérateurs privés autorisés à exercer sur le combinat portuaire.

Le « risque systémique » : L’Administration des Douanes pointée du doigt
C’est sans doute le point le plus saillant du communiqué : le PAD déplace la responsabilité des tensions actuelles vers l’Administration des Douanes. L’Autorité Portuaire affirme sans détour que la décision unilatérale des Douanes de ne plus procéder à la liquidation des déclarations constitue le véritable « risque systémique » pour l’activité économique, et non le principe du scanning intégral des marchandises.
Un appel au dialogue pour la continuité des opérations
Malgré les tensions, le Port de Douala-Bonabéri se veut rassurant et rappelle l’existence d’instances de dialogue comme le Comité Consultatif d’Orientation de l’activité portuaire (CCO’PAD). En somme , le PAD invite l’ensemble de la chaîne logistique à privilégier un « dialogue constructif » afin de garantir la continuité des opérations, dans l’intérêt supérieur du commerce extérieur et des économies de la sous-région.
Lire le communiqué de presse du PAD

