CONGO-BAD:
Brazzaville, futur épicentre de la finance africaine

En audience le 11 février 2026 à la Résidence du Plateau, le Président Denis Sassou N’guesso et le nouveau patron de la Banque Africaine de Développement (BAD), Sidi Ould Tah, ont scellé une alliance stratégique. Entre préparatifs des Assemblées Annuelles 2026 prévues en mai 2026 à Brazzaville et la vision d’un financement massif, le Congo se place au cœur des ambitions continentales.
La coopération entre la République du Congo et la Banque Africaine de Développement (BAD) franchit un nouveau palier. L’audience solennelle accordée ce mercredi 11 février à Brazzaville par le Chef de l’État congolais à Sidi Ould Tah marque un tournant diplomatique et financier majeur. Au centre des échanges : un audit de l’existant et, surtout, une projection ambitieuse vers les cinq prochaines années.
Le « Davos africain » s’installe à Brazzaville
L’annonce phare de cette rencontre est sans conteste la confirmation de la tenue des Assemblées Annuelles du groupe de la BAD à Brazzaville en mai 2026. Cet événement, véritable « Davos africain », réunira les 81 gouverneurs de l’institution, les partenaires internationaux et l’ensemble de l’écosystème financier mondial. La capitale congolaise deviendra, le temps d’un sommet, la vitrine économique du continent.
Pour le Congo, l’enjeu est double : confirmer sa crédibilité sur la scène internationale et accélérer le dialogue sur ses priorités sectorielles pour 2026. « L’appui du groupe de la BAD sera total pour accompagner le Congo dans la mise en œuvre de ses programmes de développement », a réitéré Sidi Ould Tah, précisant que l’institution s’alignera strictement sur les axes prioritaires définis par le Président de la République.
La « Vision Ould Tah » : Le défi des 400 milliards
Élu en mai 2025, l’économiste mauritanien Sidi Ould Tah a profité de ce tête-à-tête pour décliner sa feuille de route, structurée autour de quatre points cardinaux. Le pilier central de son mandat est la mobilisation de ressources à une échelle inédite.
Le constat est sans appel : pour combler son déficit de développement, l’Afrique a besoin de 400 milliards de dollars par an. Face à des flux actuels jugés dérisoires, le président de la BAD prône une stratégie de rupture reposant sur trois leviers : «L’innovation financière pour attirer de nouveaux capitaux; La mobilisation accrue des partenaires internationaux; La captation de l’épargne africaine, un gisement de croissance local encore sous-exploité.»

Un partenariat de long terme
Au-delà de l’aspect événementiel, la BAD se positionne comme le partenaire de référence du Plan National de Développement congolais. Qu’il s’agisse d’infrastructures, d’énergie ou de diversification économique, l’institution s’engage à injecter des fonds et une expertise technique pour garantir l’aboutissement des projets.
En prenant les rênes de l’institution pour un mandat de cinq ans, Sidi Ould Tah semble vouloir faire du dossier congolais le laboratoire de sa méthode : une approche pragmatique, axée sur les résultats et la souveraineté financière du continent. Brazzaville, sous l’impulsion du Président Sassou N’guesso, s’apprête ainsi à jouer les premiers rôles dans cette nouvelle architecture financière africaine.
RÉACTION
SIDI OULD TAH, Président du Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD) :
« j’ai réitéré à Son Excellence Dénis Sassou N’guesso l’appui total de la BAD et de ses partenaires pour accompagner le Congo dans la mise en œuvre de ses programmes de développement…»
« J’ai évoqué avec Son Excellence Monsieur le Président de la république, la tenue prochaine des assemblées annuelles de notre institution à Brazzaville. C’est un événement de portée majeure : en mai prochain, la capitale congolaise accueillera les 81 gouverneurs du Groupe, l’ensemble des partenaires de l’Afrique ainsi que tout l’écosystème financier du continent.
Nos échanges ont également porté sur les priorités du Congo pour les cinq prochaines années. À cet égard, j’ai réitéré à Son Excellence Dénis Sassou N’guesso l’appui total de la BAD et de ses partenaires pour accompagner le pays dans la mise en œuvre de ses programmes de développement, et ce, dans tous les secteurs stratégiques retenus par le Chef de l’État.
Ma vision pour le Groupe s’articule autour de quatre points cardinaux. Le premier, comme souligné précédemment, concerne la mobilisation à grande échelle des ressources financières. Il est établi que le continent nécessite annuellement 400 milliards de dollars, alors que les financements actuels restent très en deçà de ces besoins. Notre ambition est donc de combler ce déficit par des mécanismes innovants, en renforçant l’engagement de nos partenaires et en mobilisant l’épargne africaine pour subvenir durablement aux besoins de notre continent. »
