PRÉSIDENTIELLE 2026 AU CONGO :

Comment Destin Gavet veut bousculer Sassou N’guesso

Destin Gavet/flyer

À trente-trois jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’échiquier politique congolais vient de subir une secousse majeure. Par une série de décisions officielles rendues publiques ce 24 février 2026 à Brazzaville, Melaine Destin Gavet Elengo, candidat du Mouvement Républicain (MR), a dévoilé l’ossature de son état-major de campagne. En ralliant quatre leaders de partis à sa cause, le benjamin de la course présidentielle transforme son ambition individuelle en une coalition de combat structurée, prête à défier l’hégémonie de la majorité présidentielle.

Le suspense entourant l’organisation de la campagne de l’opposition radicale a pris fin avec la publication de la décision N° 2026 – 003 / EPR26/CMDGE.

L’acte de naissance d’une coalition de combat

Pour Melaine Destin Gavet Elengo, l’enjeu est double : sortir de l’étiquette de « candidat de la jeunesse » pour endosser celle de chef de file d’une alternative crédible, et surtout, briser l’atomisation des voix qui a trop souvent servi le pouvoir sortant.
Pour diriger cette machine électorale, le candidat a porté son choix sur Olsen-Jenaul Gomo-Milolo, nommé Directeur National de Campagne. Mais c’est dans la structure adjointe que se niche la véritable innovation politique. En intégrant quatre présidents de formations politiques au cœur de son dispositif, Destin Gavet envoie un signal fort de cohésion nationale.

Un état-major aux expertises complémentaires

Cette direction nationale se veut un condensé d’expérience parlementaire et de dynamisme politique. Jean Antoine Chris Walembaud, Président du CODEMA, occupe désormais la fonction de premier adjoint. Figure centrale de ce dispositif, il hérite des relations publiques, des affaires juridiques et de la délicate fonction de porte-parole du candidat. Sa mission sera de porter la parole de la rupture dans les médias nationaux et internationaux.
La dimension institutionnelle est renforcée par la présence du Vénérable Sénateur Gaspard Kaya Magane, Président de l’UDLC. En tant que deuxième adjoint, ce parlementaire chevronné prend les rênes de la stratégie électorale et de la veille. Son rôle sera crucial pour anticiper les dynamiques du scrutin et coordonner les remontées d’informations du terrain.
L’organisation logistique, véritable nerf de la guerre, est confiée à l’Honorable Bonaventure Boudzika, Président du CDR. Nommé troisième adjoint, il devra assurer le maillage territorial et la présence de la coalition dans les zones les plus reculées du pays. Enfin, la coordination purement politique revient à Clotaire Mboussa-Ellah, Président du CAR, qui, en tant que quatrième adjoint, aura la charge de maintenir la cohésion entre les différentes sensibilités de cette alliance naissante.

Le « crowdfunding » politique comme levier de souveraineté

Au-delà des hommes, c’est le modèle économique de la campagne qui interpelle. Face aux moyens colossaux de l’État et des 18 partis de la majorité présidentielle rangés derrière Denis Sassou Nguesso, Destin Gavet mise sur une stratégie participative inédite au Congo.
«Nous ne comptons que sur nous-mêmes» , martèle l’entourage du candidat. Le financement de cette campagne repose sur un effort financier collectif sans précédent. Des milliers de militants, de cadres du parti et de sympathisants, tant sur le territoire national que dans la diaspora, ont mis la main à la poche. Ce financement par cotisations se veut le gage d’une indépendance totale vis-à-vis des groupes d’intérêts. Pour amplifier ce mouvement, le Mouvement Républicain a également lancé un recrutement massif de bénévoles, visant à transformer chaque citoyen convaincu en un acteur de la sécurisation du vote.

Le duel des blocs : 18 contre 5

La configuration des scrutins des 12 et 15 mars (vote anticipé des forces de défense et vote général) dessine désormais une confrontation entre deux visions du Congo. D’un côté, la continuité représentée par le Parti Congolais du Travail (PCT) et sa galaxie de 18 alliés. De l’autre, la « coalition de la rupture » emmenée par Destin Gavet, qui agrège désormais le MR, le CODEMA, l’UDLC, le CDR et le CAR.
Pour le jeune candidat de 35 ans, le défi est immense. Il s’agit de transformer la soif de changement d’une jeunesse majoritaire en un vote organisé, surveillé et incontestable. En réussissant cette union sacrée avec des leaders d’expérience, Melaine Destin Gavet Elengo vient de prouver que, si la jeunesse est son socle, l’unité est désormais son arme. La bataille pour le palais du Plateau n’est plus une simple formalité ; elle est devenue un duel de forces organisées où chaque stratégie comptera.