SOUVERAINETÉ INFORMATIONNELLE :
Jules Njawé dénonce une « guerre hybride » contre la Centrafrique

Jules Njawe, Ministre conseiller chargé des relations publiques à la présidence de la république de la RCA 

Dans une intervention musclée le vendredi 20 mars 2026 à l’hôtel Ledger de Bangui, le Ministre Conseiller chargé des relations publiques à la Présidence, Jules Njawé, a brisé le silence. Face à la presse, il a fustigé les campagnes de désinformation visant à déstabiliser l’alliance entre Bangui et Moscou, pointant du doigt des tentatives d’ingérence étrangère au cœur de l’espace médiatique centrafricain.

Par Prince Aristide NGUEUKAM

Quelques jours seulement après le retour du président Faustin-Archange Touadéra d’une visite officielle qui s’est tenue du 5 au 6 mars 2026 à Moscou, où il s’est entretenu avec Vladimir Poutine, la présidence centrafricaine passe à l’offensive médiatique. Pour Jules Njawé, la multiplication des récits alarmistes sur les relations centrafricano-russes n’est pas le fruit du hasard, mais une stratégie délibérée de « pression extérieure ».

Jules Njawe face à la presse à Bangui

Le partenariat Bangui-Moscou sous le feu des critiques

Depuis la rencontre au sommet de Moscou, l’espace informationnel est saturé de rumeurs faisant état d’une rupture de confiance entre les deux alliés. Les allégations sont précises : tensions financières avec le groupe Wagner, exigences de sommes colossales de la part de l’Africa Corps, ou encore zones d’ombre sur la gestion de l’aéroport de Bangui-M’Poko.
La réponse de Jules Njawé est catégorique : ces affirmations sont « fausses, non étayées et construites pour susciter artificiellement la méfiance ». Selon le Ministre Conseiller, ces contenus visent à altérer la perception du partenariat stratégique et à semer le doute au sein d’une opinion publique largement favorable au soutien russe.
« L’attaque ne concerne pas uniquement la Russie, elle concerne aussi notre droit souverain à choisir nos partenaires », a-t-il martelé, transformant ainsi le débat médiatique en une question de survie diplomatique.

Une vue de la rencontre avec la presse

L’ombre de l’ingérence : Paris dans le viseur ?

L’aspect le plus sensible de cette conférence de presse réside dans la mise en cause directe de relais étrangers. Jules Njawé s’est fait l’écho de publications citant une possible implication de l’ambassade de France dans des campagnes de discrédit. Un nom a été nommément cité : David Denis, présenté comme un acteur clé de ces opérations d’influence.
Bien que le Ministre n’ait pas formellement confirmé ces accusations, il a exigé une « clarification officielle » de la part des autorités françaises. Pour la présidence centrafricaine, si ces faits étaient avérés, ils ne relèveraient plus de la simple liberté de la presse, mais d’une atteinte grave à la souveraineté nationale.

Vers une « souveraineté informationnelle »

Au-delà de la riposte immédiate, Jules Njawé a introduit un concept fort : la souveraineté informationnelle. Il s’agit pour l’État de protéger son espace médiatique contre les manipulations numériques qui deviennent, selon lui, de véritables armes de déstabilisation politique.
À cet effet, il a officiellement exhorté le ministère des Affaires étrangères à se saisir du dossier. L’enjeu est désormais double : il s’agit non seulement d’évaluer l’impact diplomatique réel de ces manœuvres informationnelles, mais aussi d’exiger des clarifications nettes de la part des chancelleries étrangères soupçonnées d’ingérence.
En conclusion de son intervention, le Ministre Conseiller a appelé les Centrafricains à la vigilance face aux « scénarios de recomposition » artificiels. Pour Bangui, la défense de la vérité médiatique est désormais indissociable de la défense du territoire et de ses choix géopolitiques.