RÉVISION CONSTITUTIONNELLE AU CAMEROUN :

Le Congrès adopte la création du poste de Vice-Président

Au nom de l’exécution, le ministre de la Justice, Laurent Marie Esso, a défendu le projet de loi N°2094/PJL/P devant les députés et sénateurs

Par Prince Aristide NGUEUKAM 

C’est une étape historique qui vient d’être franchie au Palais de Verre. Réunis en Congrès ce 4 avril, les parlementaires ont massivement validé le Projet de Loi N°2094/PJL/P. Malgré des échanges nourris, l’institution d’une Vice-Présidence de la République est désormais actée, en attendant la promulgation officielle par le Chef de l’État.

Un débat intense sous l’égide de la Justice

L’examen du texte a débuté par une présentation solennelle du Ministre d’État, Ministre de la Justice Garde des Sceaux, Laurent Esso. Face aux élus de la nation (députés et sénateurs), le ministre a défendu les enjeux de cette réforme structurelle, visant à renforcer l’architecture institutionnelle du pays.
À la suite de cet exposé, la parole a été donnée aux parlementaires. Le débat qui s’est ensuivi a été marqué par des interventions passionnées, reflétant la diversité des sensibilités politiques présentes au Congrès. Pour certains, ce projet de loi est suspect, tandis que d’autres parlementaires estiment que le vice président doit être élu au même titre que le président de la république. Entre questions sur les prérogatives exactes de ce futur numéro deux et la nécessité de garantir la continuité de l’État, les échanges ont préparé le terrain pour l’épreuve des urnes.

Opération de vote

Un vote décisif pour l’Article 1er

Le moment crucial est arrivé avec le passage au vote de l’Article 1er, celui-là même qui institue la fonction de Vice-Président. Le résultat du vote est sans appel puisque 200 des 222 votants ont validé le texte. Cette large majorité ne laisse que peu de place aux 18 opposants et aux 4 membres de l’assemblée ayant choisi l’abstention.

Adoption définitive de la Loi

Après ce premier succès, le vote sur l’ensemble du texte a confirmé la tendance, avec une adhésion encore plus marquée des congressistes. Sur 223 votants, le texte a recueilli 205 bulletins verts, contre seulement 16 bulletins rouges et 2 abstentions.
« En attendant sa promulgation par le Président de la République, le poste de Vice-président est institué », a déclaré solennellement le Président du Congrès à l’issue du dépouillement.

Cap sur la promulgation

Avec cette adoption à une majorité écrasante, la balle est désormais dans le camp de la Présidence de la République. Une fois la loi promulguée, le paysage politique camerounais connaîtra l’une de ses mutations les plus significatives de ces dernières décennies.
La question qui brûle désormais toutes les lèvres dans les couloirs du pouvoir reste la même :qui sera le premier titulaire de ce nouveau poste stratégique ?