Cameroun-FMI :
Cap sur les recettes et la dette

Christine Dietrich, Chef de Mission FMI, et Le Ministre des finances Louis Paul Motaze, face à la presse après la mission de février 2026

Le Conseil d’Administration du Fonds Monétaire International (FMI) a rendu ses conclusions après les consultations menées au titre de l’Article IV. Si l’institution de Bretton Woods note une baisse de régime de la croissance l’année dernière, elle reste optimiste pour l’avenir, sous réserve de réformes structurelles accrues.

Par Prince Aristide NGUEUKAM

Le verdict est tombé. Réuni le 25 mars dernier, le Conseil d’Administration du FMI a officiellement clos les consultations de 2026 pour le Cameroun. Dans un communiqué publié le 6 avril par le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, le gouvernement se félicite d’un rapport globalement positif, soulignant la capacité de l’économie nationale à absorber les chocs extérieurs.

Une croissance freinée par l’agenda électoral

L’année 2025 n’a pas été de tout repos pour l’économie camerounaise. Le FMI relève un ralentissement de la croissance, directement lié à l’intense activité politique du pays. Les « importantes consultations électorales »de l’année écoulée ont semble-t-il pesé sur la dynamique économique, un phénomène classique de prudence des investisseurs en période électorale.
Toutefois, le tableau n’est pas sombre. Les perspectives à moyen terme sont jugées « favorables ».
Le moteur de cette reprise ? Les investissements massifs dans les secteurs minier et énergétique, qui devraient prendre le relais pour doper le PIB national.

Les défis : Dette, recettes et géopolitique

Malgré cet optimisme, le FMI dresse une liste de points de vigilance. Pour assurer la pérennité de la croissance, l’institution préconise : Une consolidation budgétaire accrue pour libérer les ressources nécessaires aux investissements sociaux; Une meilleure mobilisation des recettes fiscales, levier central de la souveraineté financière nationale; Une maîtrise de l’endettement pour préserver l’équilibre et la stabilité du secteur financier.
Le contexte international reste également une menace. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent de faire planer une incertitude sur certains secteurs clés de l’économie camerounaise, notamment via le coût des importations et les circuits logistiques.

Siège du ministère des Finances Cameroun

La réponse de Yaoundé : Digitalisation et transparence

Le gouvernement camerounais, sous l’impulsion du Président Paul Biya, a réaffirmé son intention de suivre ces recommandations. Le Premier Ministre supervise actuellement une batterie de mesures visant à moderniser la gestion des finances publiques.
L’accent est désormais mis sur la digitalisation des procédures. Cette transformation numérique vise un double objectif : accroître l’efficacité de la dépense publique et garantir une transparence totale, particulièrement dans le domaine sensible de la passation des marchés publics.
En conclusion, le gouvernement réitère sa gratitude envers ses partenaires techniques et financiers. Pour Yaoundé, la trajectoire vers l’émergence reste maintenue, avec le soutien d’un FMI qui, tout en restant exigeant, valide la stratégie de résilience du Cameroun.