ZONE CEMAC :
La BEAC réalise un bénéfice record de 300 milliards de FCFA

Réuni à N’Djamena le 6 avril 2026, le Conseil d’administration de la Banque des États de l’Afrique Centrale a dévoilé des résultats historiques. Sous l’impulsion de son Gouverneur, Yvon Sana Bangui, l’institution monétaire régionale consolide ses fondamentaux entre croissance résiliente, réserves de change en hausse et innovations technologiques
Par Prince Aristide NGUEUKAM
Le retour de la BEAC à N’Djamena pour sa session ordinaire aura été marqué par le sceau de la performance. Sous la présidence de Tahir Hamid Nguilin, Ministre d’État, Ministre des Finances et du Budget du Tchad, les administrateurs de la banque centrale, dirigé par Le gouverneur Yvon Sana Bangui, ont passé au crible un exercice 2025 particulièrement fructueux.
Des indicateurs au vert malgré les turbulences
Le chiffre phare de cette session est sans conteste le bénéfice record de 300 milliards de FCFA affiché pour l’année 2025. Cette solidité financière traduit la capacité de l’institution à naviguer dans un contexte international pourtant instable.
La zone CEMAC affiche ainsi une croissance de 2,4 %, soutenue par une amélioration notable des matelas de sécurité financière. Les réserves de change, indicateur clé de la stabilité monétaire, sont passées de 4,2 mois d’importations à la fin de l’année dernière à 4,52 mois en février 2026.

Fin des spéculations : Pas de dévaluation à l’horizon
Face aux rumeurs persistantes qui agitent parfois les marchés, le Gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, s’est voulu catégorique : aucune dévaluation du Franc CFA n’est envisagée.
L’institution réaffirme que sa politique monétaire reste fermement ancrée sur deux piliers : la maîtrise de l’inflation et la consolidation de la stabilité financière régionale. Ce message de fermeté vise à rassurer les investisseurs et les opérateurs économiques de la zone sur la pérennité du système actuel.
L’innovation comme moteur de l’intégration : Le QR Code communautaire
L’un des points majeurs de ce Conseil d’administration a été le virage technologique pris par l’institution. Pour moderniser les systèmes de paiement et renforcer l’inclusion financière dans les six États membres, la BEAC a validé le lancement d’un QR Code communautaire.
Ce nouvel outil est destiné à faciliter les paiements instantanés et sécurisés à l’échelle régionale. Il s’agit d’un signal fort vers une numérisation accrue de l’économie de la zone, facilitant les échanges transfrontaliers pour les entreprises et les particuliers.
Une vision tournée vers l’émergence
S’inscrivant dans la lignée du sommet de Brazzaville de janvier 2026, les administrateurs ont réitéré leur engagement à soutenir des réformes structurelles. L’objectif est clair : transformer la stabilité macroéconomique actuelle en une croissance durable et inclusive.
En somme, le Ministre Tahir Hamid Nguilin a salué la qualité des échanges, rappelant que la BEAC se positionne plus que jamais comme le « pilier de l’intégration économique régionale ». Entre rigueur budgétaire et innovation numérique, la Banque centrale semble avoir trouvé le bon équilibre pour porter les ambitions de la CEMAC vers de nouveaux sommets.
YVON SANA BANGUI, GOUVERNEUR DE LA BÉAC :
« La Banque centrale continue de faire preuve de rigueur dans la gestion de ses ressources budgétaires avec un résultat bénéficiaire à hauteur de 300 milliards enregistré au titre de l’exercice 2025»
Nous avons eu une session très riche avec un projet d’ordre du jour assez dense. Nous avons fait l’état de la situation macroéconomique de la zone CEMAC en général. Il est ressorti que la zone poursuit un niveau de croissance bien que rétracté mais qui reste résilient à 2,3 % projeté en 2026 contre 3,5 %.
Au niveau de l’inflation et des maîtrises des prix, nous poursuivons la dynamique baissière avec un taux d’inflation qui reste globalement en dessous de seuil communautaire. Toutefois, il faut relever le déficit budgétaire qui s’améliore, également une dégradation au niveau des comptes courants. Donc globalement, l’économie de la zone CEMAC continue de faire preuve de résilience avec une amélioration au niveau de nos réserves de change qui sont passées à 4,52 mois au 28 février 2026. Cela traduit des efforts soutenables au niveau de nos économies.
À cela, le Conseil a également traité plusieurs projets de règlements communautaires s’agissant de la vulgarisation des outils QR code devant permettre une accélération de l’inclusion financière par la digitalisation des paiements. Lequel règlement adopté au Conseil d’administration sera également soumis à l’approbation du Comité ministériel en vue notamment de leur enrichissement au niveau de la commission de la CEMAC pour une vulgarisation.
Nous avons également analysé d’autres projets de règlements communautaires et globalement la Commission de la CEMAC qui est en charge de l’enrichissement de tous ces règlements sera saisie au temps opportun. S’il y a également un point qui semble important et qui ont fait l’objet des échanges nourris au niveau des administrateurs, c’est l’arrêté de comptes de l’exercice 2025.
La Banque centrale continue de faire preuve de rigueur dans la gestion de ses ressources budgétaires avec un résultat bénéficiaire à hauteur de 300 milliards enregistré au titre de l’exercice 2025. Ce qui traduit une fois encore la résistance mais beaucoup plus la rigueur dans la gestion de nos ressources budgétaires. Et cela traduit également l’engagement sans faille de la Banque centrale aujourd’hui à assainir son fonctionnement, à assainir ses ressources mais également à contribuer à l’essor économique de nos États.
