HOMMAGE À CLAUDE JUIMO MONTHE:
L’ombre s’est emparée de l’un de ses plus brillants architectes. Claude Juimo Siewe Monthé, figure tutélaire de l’économie camerounaise et stratège politique hors pair, a tiré sa révérence le samedi 4 avril dernier à Yaoundé des suites de maladie, à l’âge de 65 ans. Entrepreneur de génie, ancien président de la Chambre de Commerce et député au service de sa nation, celui que l’on surnommait le « PRÉSIDENT » s’en va en emportant le secret d’une influence qu’il n’a jamais cherché à mettre en lumière. Hommage à un PRINCE de la discrétion.
L’héritier devenu bâtisseur
Fils aîné de Luc Monthé, figure emblématique du monde des affaires et adjoint au maire de la ville de Douala, Claude Juimo aurait pu se contenter d’être un « fils de ». Mais le « Prince » était habité par une ambition plus noble. Brillant sujet, forgé aux écoles de commerce de France et du Canada, il revient au pays avec un MBA et une mission : restaurer l’empire familial. À la tête de Prodicam et de l’Hôtel Parfait Garden, il réalise le tour de force de solder les passifs avant de propulser le nom des Monthé vers de nouveaux sommets industriels.
En 1998, à seulement 36 ans, il bouscule les codes en prenant la présidence de la Chambre de Commerce (CCIMA). Pendant dix ans, il réforme, modernise et surtout, donne une leçon d’éthique : il quittera l’institution sans jamais avoir touché un centime de salaire, faisant don de ses émoluments à la chambre qu’il servait. Une élégance rare dans un monde où le service public est trop souvent confondu avec le profit personnel.
L’architecte de l’influence silencieuse
Administrateur redouté et respecté, Claude Juimo Monthé était partout, mais invisible. De la Socapalm au groupe Bolloré, il a imprimé sa marque sur le paysage économique du Cameroun sans jamais rechercher la lumière des projecteurs. En politique, il fut l’un des piliers silencieux du RDPC. Stratège de l’ombre aux côtés de la regrettée Françoise Foning à Douala, puis chef de file dans le Haut-Nkam, il a œuvré pour le développement avec une efficacité chirurgicale. Élu député en 2013, il a servi ses populations sans tambour ni trompette. Le « Président » n’aimait pas la publicité ; il exigeait le résultat.
Un dernier voyage entre institutions et racines
Le départ de Claude Juimo Monthé laisse un vide immense, mais son dernier voyage sera à l’image de sa vie : structuré, solennel et ancré dans ses terres.
Le programme de ses obsèques débutera le jeudi 30 avril 2026 par la levée de corps à l’Hôpital Général de Yaoundé. Le « Président » recevra ensuite les hommages parlementaires lors d’une cérémonie solennelle à l’hémicycle Paul Biya, saluant ainsi son engagement au service de la nation. La dépouille prendra par la suite la route de Douala, sa ville natale, pour une veillée au quartier Bonapriso, là où ses premières ambitions ont germé.
Le lendemain, son village d’origine, Bana, dans le département du Haut-Nkam, l’accueillera pour un ultime recueillement populaire. Claude Juimo Monthé sera définitivement conduit à sa dernière demeure le samedi 2 mai 2026, rejoignant ainsi la terre de ses ancêtres.
Le Parrain est parti, mais son héritage, gravé dans le béton de ses entreprises et dans le cœur de ceux qu’il a relevés, demeure impérissable. Salut, l’Artiste. Salut, le Prince. La scène est désormais bien vide sans TOI.
Que nos ancêtres t’acueilllent « MOLAH ».


