TRAVAUX DE CAMWATER À MAROUA : LA FIN DE LA SOIF EN VUE

Le gouverneur de la région de l’extrême nord, Midjiyawa Bakary et le préfet du Diamaré, Ekoa Mbarga, dégustent l’eau du robinet sortie des vannes de Camwater

Depuis lundi dernier, le Directeur Général de la CAMWATER, le Dr Blaise MOUSSA, effectue une visite d’inspection déterminante sur les chantiers hydrauliques de la capitale régionale de l’Extrême-Nord. Entre forages industriels, réservoirs géants et extension de réseaux, Maroua s’apprête à tourner définitivement la page du stress hydrique.

 

Par Prince Aristide NGUEUKAM

L’espoir coule désormais à nouveau dans les veines de Maroua. Alors que la ville a longtemps souffert d’un déficit chronique d’approvisionnement, le Projet d’alimentation en eau potable « 9 villes », dans sa phase 2, entre dans sa dernière ligne droite. C’est le constat fait par le top management de la CAMWATER, accompagné pour l’occasion d’un impressionnant parterre d’autorités : le Gouverneur Midjiyawa Bakari, le Président du Conseil Régional Daniel Kalbassou, et le Maire de la ville, le Dr Sali Babani.

Le DG de Camwater, Dr Blaise Moussa sur le terrain à Maroua

Un saut de production sans précédent

La première escale de cette mission technique s’est déroulée au champ captant du quartier Kongola. C’est ici que bat le cœur du futur dispositif : sept forages industriels sont en cours de réalisation. « Le Gouvernement tient ses promesses », a martelé le Dr Blaise MOUSSA face à la presse. L’objectif est ambitieux mais réaliste : porter la capacité de production journalière à près de 20 000 m³. Sur le terrain, l’entreprise chinoise CGCOC s’est engagée à maintenir une cadence soutenue pour une livraison des ouvrages avant la fin du mois de juillet prochain.
Sur la colline de Missingilewom, l’autre pièce maîtresse du projet sort de terre. Un réservoir de stockage de 5 000 m³ y est édifié pour stabiliser la pression dans le réseau urbain. Avec un taux de réalisation affiché de 82 %, l’ouvrage domine la ville, symbole d’une sécurité hydrique retrouvée.

Visite des chantiers

Une ville quadrillée par de nouvelles canalisations

L’accès à l’eau n’est pas qu’une question de production, c’est aussi une affaire de transport. Le Directeur Général a passé au crible les 78 km de réseau en cours de densification. À ce jour, 62 km de tuyaux haute résistance (DN300 à DN600) ont déjà été enfouis. Cette extension massive permettra d’arroser des quartiers jusqu’ici délaissés par le réseau public.
Pour accompagner cette révolution infrastructurelle, la CAMWATER joue la carte de la proximité. Le Dr Blaise MOUSSA a annoncé l’ouverture imminente de trois nouvelles agences à Maroua. Parallèlement, il a invité les populations à saisir l’opportunité de la « Campagne spéciale 200 000 branchements », qui offre des facilités de souscription inédites. « Les compteurs et les kits sont disponibles, n’hésitez pas », a-t-il rassuré en visitant les magasins de stockage de la Délégation Régionale.

Performance et résilience énergétique

Conscient que les délestages électriques constituent le talon d’Achille de la distribution d’eau, le Dr Blaise MOUSSA a dévoilé une solution concrète : l’acquisition sur fonds propres de trois groupes électrogènes de plus de 400 KVA. Ces équipements garantiront le fonctionnement autonome des forages, même en cas de coupure de courant.
En bouclant son périple par une rencontre avec le personnel régional, installé dans un bâtiment fraîchement réhabilité, le DG a endossé son rôle de « bon père de famille ». Entre félicitations pour le travail accompli et appel à une ardeur redoublée, le message est clair : la modernisation de la CAMWATER est en marche, et Maroua en est aujourd’hui la vitrine éclatante.

UNE-DEUX Avec Blaise Moussa, Directeur Général de la Camwater:

«La priorité de la Camwater est le raccordement effectif des ménages»

Quel est l’objet de cette descente sur terrain ?

Le gouvernement nous a mandatés pour porter le message de haute attention du Chef de l’État et pour évaluer concrètement, sur le terrain, les défis liés à l’accès à l’eau potable. Cette question est d’une importance capitale et reste très sensible pour nos concitoyens. Il est essentiel de rappeler que la distribution de l’eau potable est étroitement tributaire de la disponibilité énergétique. Dans cette optique, le gouvernement déploie des efforts constants pour stabiliser cette dynamique.

Face aux besoins immédiats, nous avons pris des mesures fortes : les forages industriels de Maroua seront désormais alimentés par des groupes électrogènes afin de garantir la production durant cette période de recherche d’équilibre. Ces équipements resteront disponibles de façon permanente pour pallier toute défaillance énergétique. Il en sera de même pour la ville de Garoua

Monsieur le directeur général, au-delà du projet Neuf Villes, la ville de Maroua bénéficie de plusieurs autres activités, notamment les extensions de réseau et la construction des forages. Il s’agit de quoi concrètement ?

Le projet « 9 Villes », initié par le Président de la République dans sa deuxième phase, arrive à son terme dans plusieurs grandes agglomérations, notamment Garoua dans le Nord et Maroua dans l’Extrême-Nord. Alors que ce chantier était initialement prévu sur une durée de 36 mois, il sera finalisé en seulement 15 à 16 mois grâce à une accélération des travaux.
D’ici le mois de juin ou juillet 2026, ce projet parviendra à son terme technique, financier et juridique pour une inauguration officielle par le gouvernement. Notre présence ici vise à superviser l’inspection finale et à donner des directives claires pour que ces infrastructures soient mises en exploitation immédiate au bénéfice exclusif des populations.

Pour ce qui est de l’accès aux branchements, au-delà de la production, la priorité de la Camwater est le raccordement effectif des ménages. Produire et transporter de l’eau n’a de sens que si les robinets s’ouvrent dans les foyers. C’est pourquoi nous lançons une vaste campagne de 200 000 branchements sociaux sur l’ensemble du territoire national.

Les usagers doivent d’abord noter que les kits de branchement sont actuellement disponibles en stock dans les entrepôts de Maroua ainsi que sur l’ensemble du territoire national. Une fois que la demande est validée, les équipes techniques ont pour instruction de réaliser l’installation du branchement dans un délai de moins de 72 heures.
Sur le plan financier, bien que le coût total oscille entre 120 000 et 130 000 FCFA, le client ne verse désormais qu’une première tranche de 60 000 FCFA pour obtenir son raccordement immédiat. Le reliquat de la somme est ensuite planifié de manière étalée, en s’adaptant progressivement à la cadence de consommation de l’abonné. Enfin, pour les zones qui ne sont pas encore couvertes par le réseau, la direction encourage les populations à se regrouper en listes de 50 ou 100 personnes afin de justifier et de faciliter le déploiement technique des extensions de réseau.

J’invite chaque citoyen à se rapprocher de nos agences. Il n’est plus acceptable qu’un agent prétexte une pénurie de matériel pour exiger des paiements indus. L’eau potable doit être disponible en quantité et en qualité, car telle est la mission que nous a confiée le Chef de l’État.