CAMEROUN-FMI :

Dette maîtrisée, mais alerte sur la trésorerie

Une vue des participants à la séance de travail Cameroun-FMI ce 17 septembre 2026 au siège du ministère des finances à Yaoundé

Au cours d’une séance de travail ce jeudi 17 septembre 2026 à Yaoundé avec le ministre des Finances Louis Paul Motaze, la mission du FMI menée par Christine Dieterich a dressé son premier bilan post-programme. Si la gestion budgétaire reste jugée solide avec un endettement maîtrisé à 40 % du PIB, l’institution financière tire la sonnette d’alarme sur des problèmes de liquidité majeurs qui paralysent l’exécution du budget. Entre félicitations de rigueur et inquiétudes sur la trésorerie, voici ce que révèle ce nouveau cycle de surveillance économique sous l’Article IV.

Par Prince Aristide NGUEUKAM

 

Deux mois après la clôture définitive du Programme économique et financier 2021-2025 avec le Fonds Monétaire International (FMI), le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a reçu ce jeudi 17 septembre 2026 à Yaoundé une délégation de l’institution financière internationale. Conduit par Christine Dieterich, Cheffe de mission pour le Cameroun, cet échange s’inscrit désormais dans le cadre strict des consultations de l’Article IV. Diagnostic : un cadre budgétaire globalement solide et un endettement sous contrôle, mais des tensions de trésorerie qui entravent la mise en œuvre du budget national.

Une transition institutionnelle : Le Cameroun sous le régime de l’Article IV

C’est une nouvelle étape dans les relations entre Yaoundé et l’institution de Bretton Woods. Depuis l’achèvement, en juillet 2025, du dernier programme triennal d’ajustement structurel, le Cameroun n’est plus soumis à des conditionnalités de décaissement immédiat.

La rencontre présidée par le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, relevait donc de la surveillance macroéconomique périodique prévue par l’Article IV des Statuts du FMI. L’objectif était de faire le point sur la conjoncture nationale, la trajectoire des finances publiques, la soutenabilité de la dette et les perspectives d’orientations budgétaires du gouvernement.

Une vue de la délégation du FMI conduite par Christine Dieterich

Un satisfecit sur la dette : 40 % du PIB

Interrogée à l’issue des travaux dans les locaux du Ministère des Finances, Christine Dieterich a tenu à saluer la solidité des choix budgétaires et fiscaux opérés par les autorités camerounaises.  « Nous avons discuté de la situation financière et budgétaire au Cameroun. Généralement, la politique fiscale et la politique budgétaire du Cameroun sont solides. Cela se reflète également dans un taux d’endettement contrôlé, qui s’établit à 40 % du PIB », a déclaré la Cheffe de mission du FMI.

Avec un ratio d’endettement d’environ 40 % du Produit Intérieur Brut (PIB), le Cameroun demeure bien en deçà du seuil communautaire fixé à 70 % par la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale), témoignant d’une marge de manœuvre et d’une maîtrise relative de sa dette souveraine.

Le goulot d’étranglement : La crise de liquidité et l’horizon 2027

Cependant, le tableau n’est pas exempt de fragilités. Le FMI a clairement pointé du doigt les contraintes de trésorerie qui pèsent sur l’État et ralentissent les investissements publics.

« Il y a des problèmes de liquidité qui ont compliqué la mise en œuvre du budget », a martelé Christine Dieterich.

Ces difficultés de caisse — récurrentes dans l’exécution des dépenses publiques et le règlement des fournisseurs de l’État — imposent au gouvernement de formaliser une stratégie de gestion de trésorerie plus rigoureuse. C’est dans ce contexte que la mission du FMI a sollicité des clarifications sur les intentions à court et moyen terme des autorités :

« Nous voudrions comprendre plus en détail le plan du gouvernement pour 2027 et aussi pour le moyen terme », a précisé la Cheffe de mission.

Une vue de la délégation Camerounaise pilotée par le ministre des finances Louis Paul Motaze

Cap sur la croissance inclusive

Au-delà des ajustements comptables, les échanges ont porté sur l’impact des politiques macroéconomiques sur le quotidien des citoyens. Le FMI et le gouvernement s’accordent sur la nécessité de stimuler une croissance hors-pétrole plus soutenue pour résorber la pauvreté. « Nous avons aussi discuté de la nécessité d’améliorer la croissance pour créer une situation meilleure pour la population », a conclu Christine Dieterich.

En clôturant cette première revue post-programme, le gouvernement camerounais et la mission du FMI réaffirment leur volonté de maintenir un dialogue technique étroit afin de préserver la stabilité macroéconomique et de consolider les acquis financiers du pays.

Christine Dieterich, Chef de Mission FMI:

« il y a des problèmes de liquidité qui ont compliqué la mise en œuvre du budget»

 

« Nous avons discuté la situation financière et budgétaire au Cameroun. Et généralement, la politique fiscale, la politique budgétaire du Cameroun est solide. C’est aussi reflété avec un taux d’endettement contrôlé, c’est 40 % du PIB.

Mais aussi, il y a des problèmes de liquidité qui ont compliqué la mise en œuvre du budget, et nous voudrions comprendre plus en détail le plan du gouvernement pour 2027 et aussi pour le moyen terme.

Mais nous avons aussi discuté la nécessité d’améliorer la croissance pour créer plus une situation meilleure pour la population. »