CRISE DANS L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR:
Le SYNES maintient la grève illimitée malgré la reprise du dialogue avec le MINESUP

Réuni en session extraordinaire par visioconférence le dimanche 20 septembre 2026, le Bureau Exécutif National du Syndicat National des Enseignants du Supérieur (BEN-SYNES) a statué sur la concertation tenue deux jours plus tôt avec les autorités gouvernementales. Si le syndicat salue le rétablissement du dialogue et les avancées sur certains paiements, il refuse de lever son mot d’ordre de grève illimitée. Une décision qui intervient en pleine période de pré-inscriptions et fait régner un climat d’angoisse chez les étudiants et les familles à l’approche de la rentrée académique.
Par Prince Aristide NGUEUKAM
La rencontre très attendue du vendredi 18 septembre 2026 entre le SYNES, le Ministère de l’Enseignement Supérieur (MINESUP) et une délégation du Ministère des Finances (MINFI) a permis d’amorcer un timide dégel dans un climat jusqu’alors extrêmement tendu.
Un timide dégel sur fond de contestation financière
Dans son communiqué officiel rendu public le 20 septembre 2026 et signé par sa Secrétaire Générale, la Professeure WOGAING FOTSO J., le Bureau Exécutif du SYNES prend acte des efforts financiers consentis par l’État. Ces avancées portent notamment sur l’apurement du 4ᵉ trimestre de l’année 2025 et du 1ᵉʳ trimestre de l’année 2026 au titre de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche.
Toutefois, malgré des échanges qualifiés de « constructifs et conviviaux », le nœud de la crise reste entier. Le syndicat souligne qu’aucun consensus définitif n’a été dégagé quant au versement intégral du 2ᵉ trimestre 2026 de cette même allocation spéciale, ni sur l’épineux dossier de l’apurement de la dette académique accumulée par les universités d’État.

Inquiétude générale en pleine préparation de la rentrée
Ce blocage survient à un moment particulièrement critique du calendrier académique. Alors que la rentrée universitaire se prépare activement dans les dix universités d’État du Cameroun, une effervescence fébrile règne sur les campus : les nouveaux bacheliers comme les anciens étudiants s’activent dans les démarches administratives, le dépôt des dossiers et les pré-inscriptions en ligne.
Pour les parents d’élèves, qui consentent d’importants sacrifices financiers pour le logement, les fournitures et les frais de pré-inscription de leurs enfants, le maintien de ce mot d’ordre de grève suscite une vive anxiété quant à la concrétisation et la sérénité de la rentrée universitaire. La peur d’une « année blanche » ou d’un calendrier académique lourdement perturbé pèse désormais sur de nombreux foyers.

Exigence de transparence et blocage des universités
Face aux incertitudes qui persistent autour des chiffres et des échéanciers de paiement, le BEN-SYNES réitère fermement sa demande de mise à disposition de la liste consolidée de la dette académique. Pour les représentants des enseignants-chercheurs, ce document est un préalable indispensable afin de garantir un suivi rigoureux, équitable et transparent des virements effectifs, tout en permettant une prise en charge appropriée des réclamations individuelles des universitaires lésés.
Faute d’engagements jugés totalement satisfaisants sur l’ensemble du panier de revendications, le SYNES refuse de faire des concessions prématurées. Le mot d’ordre de grève générale et illimitée, déclenché le 3 septembre 2026, demeure strictement en vigueur sur toute l’étendue du territoire national.
Les conséquences directes de cette posture ferme paralysent le monde universitaire : le syndicat réaffirme la suspension de l’ensemble des activités académiques, en intégrant explicitement le gel des soutenances de mémoires de Master et des thèses de Doctorat.
L’attente d’un tournant décisif
Bien que la grève soit maintenue, le BEN-SYNES ne ferme pas la porte aux négociations. Il informe la communauté nationale qu’il se réunira de nouveau « en urgence » dès l’observation d’avancées tangibles, afin d’évaluer la situation et de se prononcer sur l’évolution du mouvement social.
Alors que l’avenir académique de milliers de jeunes reste suspendu aux résolutions financières de cette crise, le regard des étudiants et des parents est désormais tourné vers le Gouvernement, appelé à solder définitivement ses engagements pour débloquer la situation et garantir une rentrée effective.


