RÉPARATION DE L’ALLEMAGNE AU CAMEROUN:COLOGNE HONORE LE ROI RUDOLPH DOUALA MANGA BELL !

Au cours d’une cérémonie tenue le vendredi 25 septembre 2026, la ville de Cologne,en Allemagne a officiellement débaptisé la Gustav Nachtigal Strasse pour laisser place à la Douala Manga Bell Strasse. C’était en présence du chef supérieur du canton Bell, Jean-Yves Eboumbou Douala Manga Bell, des autorités diplomatiques, des souverains traditionnels africains et de la diaspora venue de toute l’Europe et du Cameroun. Cent-douze ans après son exécution tragique par l’administration coloniale allemande, le Roi Rudolph Douala Manga Bell retrouve sa dignité au cœur de l’Europe. Cet acte historique marque un pas décisif vers la réparation mémorielle et la réconciliation entre deux nations.
Par Prince Aristide NGUEUKAM
C’est aux environs de 9h que l’histoire a pris un nouveau tournant dans le paisible et élégant quartier résidentiel de Nippes, au cœur de la ville de Cologne. Sous les yeux attentifs d’une assistance saisie par l’émotion, les agents communaux ont procédé au dévoilement officiel de la nouvelle plaque de rue arborant désormais le nom de DOUALA MANGA BELL STRASSE.
Ce geste mémoriel majeur vient effacer de l’espace public le nom de Gustav Nachtigal, figure de la domination coloniale allemande, pour consacrer celui du héros national camerounais, le Roi Rudolph Douala Manga Bell. Jouxtant la Namibia Strasse, cette artère rebaptisée résonne comme un symbole fort de réparation historique et de restitution de la dignité aux figures de la résistance africaine.

Mobilisation internationale et fraternelle autour du Souverain Bell
L’événement a rassemblé une foule nombreuse et diversifiée, illustrant l’impact transnational de cette démarche mémorielle. La communauté camerounaise s’est mobilisée en masse, effectuant le déplacement depuis plusieurs grandes métropoles européennes et camerounaises — notamment Londres, Paris, Berlin, Bruxelles, Milan et Douala.

La cérémonie s’est déroulée en présence de personnalités diplomatiques, politiques et traditionnelles de premier plan :Sa Majesté le Roi Jean-Yves Eboumbou Douala Manga Bell, chef supérieur du canton Bell; Sa Majesté Etouke Eboa , Roi du Canton Manehas (département du Moungo); de L’Ambassadeur du Cameroun en Allemagne, Ndoky victor ; du Représentant de la Ministre des Affaires Étrangères de la République Fédérale d’Allemagne; de l’honorable SOPPO TOUTE Marlyse; de la Mairie de la ville de Cologne, accompagné d’une forte délégation de la société civile allemande.

Le martyre de Rudolph Douala Manga Bell : de la résistance à la postérité
Le choix de baptiser cette rue au nom de Rudolph Douala Manga Bell s’inscrit dans un devoir de justice historique tardif mais essentiel. Souverain du peuple Duala sous le protectorat allemand au Cameroun, le Roi Rudolph Douala Manga Bell s’est dressé avec fermeté contre les abus du pouvoir colonial, dénonçant l’oppression et les pratiques assimilables à l’esclavage.

Pour s’être opposé fermement à un projet d’expropriation des populations autochtones sur leurs terres ancestrales, il fut accusé de haute trahison par l’administration coloniale impériale. Le Roi Rudolph Douala Manga Bell a été exécuté le 8 août 1914 à Douala, pendu par les autorités coloniales allemandes à l’issue d’un procès sommaire. Plus d’un siècle après son martyre, son sacrifice trouve un écho réparateur au cœur même de l’Allemagne.

Un carrefour de mémoire et un pont entre deux nations
En substituant le nom du résistant à celui du colonisateur, la municipalité de Cologne ne réalise pas un simple changement d’adressage postal : elle érige un lieu de mémoire vivant. Ce nouvel ancrage urbain est appelé à devenir un espace de dialogue, de réflexion critique sur le passé colonial et de rapprochement durable entre l’Allemagne et le Cameroun.

En unissant sur sa carte la Douala Manga Bell Strasse et la Namibia Strasse, la ville de Cologne reconnaît les blessures de l’histoire tout en posant les jalons d’une coopération bilatérale fondée sur le respect mutuel, la vérité et la mémoire partagée.
