Éditorial :
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE :
LE PARLEMENT FACE À SON DEVOIR HISTORIQUE 
Par Sa Majesté Georges Messouane Mé Medjué
Ce jour, 02 Avril 2026, le Cameroun s’apprête à vivre un moment institutionnel décisif. Au Palais de l’Assemblée Nationale, Députés et Sénateurs se réunissent en Congrès pour recevoir le Chef de l’État – ou son mandataire – qui présentera les orientations de la deuxième révision de la Constitution du 18 décembre 1996.
Une révision constitutionnelle n’est jamais un acte banal. Dans les démocraties mûres, elle engage la souveraineté populaire à travers des référendums. Ici, c’est au Parlement qu’échoit la responsabilité d’examiner, d’amender et de voter un texte qui pourrait redessiner la forme de l’État, réorganiser l’administration et surtout préciser les mécanismes d’accession, de succession et d’exercice du mandat présidentiel.
Il est évident que la suggestion émane du Chef de l’État, Paul Biya, dont l’âge avancé et les décennies de service au sommet de l’État imposent une réflexion sur l’avenir. Mais la responsabilité première n’est pas la sienne : elle repose sur les parlementaires. Ce sont eux qui doivent se hisser au-dessus des calculs partisans, des égos hypertrophiés et des rentes de circonstance pour juger de la pertinence et de l’intérêt supérieur du Cameroun.
Le pays traverse une phase où les choix institutionnels détermineront sa stabilité et sa capacité à poursuivre sa devise : Paix, Travail, Patrie. Les élus doivent se rappeler qu’ils ne sont pas seulement les représentants de partis ou de clans, mais les gardiens de l’avenir national.
Aujourd’hui, l’histoire convoque Députés et Sénateurs à un devoir de lucidité et de patriotisme. Le Cameroun ne leur demande pas de plaire à des chapelles politiques, mais de bâtir des institutions solides, capables de garantir la continuité de l’État et la sérénité de la Nation.
Le Congrès parlementaire n’est pas une formalité : c’est une épreuve de responsabilité. Que chaque élu mesure la gravité de son vote et se souvienne qu’il engage non seulement le présent, mais surtout l’avenir.
