CHEMIN DE FER CONGO-OCÉAN(CFCO):

Réhabilitation et Modernisation pour le désenclavement du Congo

Lancement officiel des travaux par le président Denis Sassou N’guesso

À la gare centrale de Brazzaville, le Président de la République, Son Excellence Denis Sassou-Nguesso, a officiellement lancé, le 27 février 2026, les travaux de réhabilitation et de modernisation du Chemin de Fer Congo-Océan (CFCO). Ce chantier titanesque, fruit d’un partenariat stratégique avec la Chine, marque une nouvelle page d’histoire pour cette infrastructure vitale qui va mobiliser 595 millions de dollars.

 

Par Prince Aristide NGUEUKAM, envoyé spécial 

Longtemps considéré comme l’épine dorsale de l’économie congolaise et le moteur du brassage des populations, le CFCO avait perdu sa vocation originelle sous le poids de la vétusté. Aujourd’hui, fidèle à ses engagements de relancer et de diversifier l’économie, le Chef de l’État a pris l’acte solennel de redonner vie à ce géant de fer.

Une vue de la gare centrale de Brazzaville

Le cri du cœur des populations : « Plus jamais ça ! »

La cérémonie a été ponctuée par des interventions marquantes, rendant l’événement particulièrement vivant. Gilbert Mouanda-Mouanda, préfet de Brazzaville, a exprimé la joie et la reconnaissance des populations de la capitale et des départements traversés, tout en rappelant les causes de la dégradation passée.

Allocution du Préfet de Brazzaville, Gilbert Mouanda-Mouanda, préfet

Avec une émotion palpable, il a déploré que certains s’acharnent sur les infrastructures économiques, les comparant à des enfants qui détruisent la maison parentale au matin avant de demander où dormir le soir venu. Évoquant les affres des guerres fratricides qui ont meurtri le rail, son message a résonné comme un serment collectif : « Plus jamais ça ! ».

Une vue des officiels

Un chantier colossal de 512 kilomètres

L’ampleur technique des travaux, détaillée par le Ministre d’État Jean-Jacques Bouya, témoigne d’une volonté de reconstruction intégrale. Le projet prévoit le remplacement systématique des anciens rails de la voie principale ainsi que la substitution des traverses en bois par des structures en béton, le tout soutenu par un rechargement massif du ballast.
Cette entreprise de modernisation inclut également la reconstruction complète du tracé sur une distance de 512 kilomètres entre Pointe-Noire et Brazzaville, englobant la remise à neuf des ponts et du tunnel long. Parallèlement, les gares de Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Mouyondzi, Loutété, Mindouli et Brazzaville feront l’objet d’une rénovation profonde aux standards internationaux, avec l’intégration de galeries marchandes tout en veillant à la préservation de leur architecture historique.

Le président Sassou-N’guesso en communion avec les partenaires chinois

Le partenariat stratégique avec la Chine : 595 millions de dollars mobilisés

Cette renaissance est rendue possible par la mobilisation de 595 millions de dollars, illustrant la solidité du partenariat avec la République populaire de Chine. C’est la société Hunan Construction Investment Group, présente depuis 18 ans au Congo, qui est chargée de l’exécution.
Son PDG, Cai Dianwei, s’est montré résolument optimiste quant à la réussite de cette entreprise, tandis que Gao Ning, chef du bureau des Affaires Étrangères de la province de Hunan, a assuré que les équipes les plus aguerries du groupe seront déployées pour ces travaux d’ingénierie ferroviaire et de génie civil.

Coup de pelle pour le lancement des travaux

Une vision stratégique pour l’émergence

L’ambition portée par ce chantier repose d’abord sur des impératifs de souveraineté et d’intégration, l’objectif étant de faire du rail le garant du désenclavement national pour transformer le Congo en un véritable hub logistique régional entre le port de Pointe-Noire et le bassin du Congo.
Cette volonté s’accompagne d’un effort de modernisation et d’innovation destiné à rompre définitivement avec la vétusté, notamment grâce à l’acquisition de nouvelles locomotives, de draisines d’entretien et de matériel de manutention de pointe garantissant un transport sécurisé. Enfin, le projet s’inscrit dans une démarche d’unité nationale en préservant le chemin de fer comme le lien indéfectible qui unit le littoral à l’arrière-pays, s’érigeant ainsi en puissant symbole de paix sociale et de développement durable.

Le Président Denis Sassou N’guesso communie avec les populations au cours de la cérémonie

La cérémonie s’est achevée par un geste symbolique fort : le coup de pelle donné par le Président Denis Sassou-Nguesso, suivi d’une visite des panneaux explicatifs du projet sous les acclamations d’une foule immense, prête à voir le Congo entrer de plain-pied dans une nouvelle ère de prospérité.

 

ÉCONOMIE DES TRAVAUX À EFFECTUER AVEC Jean-Jacques Bouya, Ministre d’État, Ministre de l’Aménagement du territoire et des Grands Travaux:

« Au titre de la voie ferrée : le remplacement systématique des anciens rails de la voie principale, le remplacement des traverses en bois par des traverses en béton, l’engraissement des assises en ballast. Bref, la reconstruction complète de la voie, des ouvrages d’art et du tunnel long.

La vétusté des gares ferroviaires recommande leur reconstruction, leur rénovation et une modernisation en conformité avec les standards internationaux.
Les travaux suivants sont inscrits, sans être exhaustifs : la modernisation des gares principales de Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Mouyondzi, Loutété, Mindouli et Brazzaville avec, naturellement au cas par cas, la conservation de l’architecture initiale dans des tons modernes et la construction de galeries marchandes pour rendre les choses modernes.
La reconstruction des gares secondaires : une attention particulière sera accordée aux dépôts et aux postes d’entretien ou ateliers qui permettront d’assurer la maintenance et la pérennisation des équipements.
En conséquence, le projet prévoit entre autres : l’acquisition de draisines pour l’entretien et le contrôle de l’état de la voie, l’acquisition de matériel de manutention dans les gares, la construction et l’équipement d’un poste d’entretien de locomotives, de wagons et d’un poste de service de voitures de voyageurs.

La vision stratégique en trois axes
Ces travaux de modernisation du CFCO épousent la vision du Chef de l’État de doter le Congo d’infrastructures aux normes internationales, une vision qui se décline en trois axes :
-Le premier axe est la souveraineté et l’intégration : Le rail est pour vous le garant du désenclavement national et de l’affirmation du Congo comme hub logistique de la région, facilitant le transit entre le port de Pointe-Noire et le bassin du Congo et même au-delà.
-Le deuxième axe est la modernisation et l’innovation : L’acquisition de nouvelles locomotives, la rénovation des voies, bien que confrontées à des défis de vétusté, marquent une volonté de rompre avec le passé pour offrir un transport sécurisé et performant.
-Le troisième axe est l’unité nationale : Pour vous Monsieur le Président, le chemin de fer demeure le lien indéfectible qui unit le littoral à l’arrière-pays, symbolisant la paix sociale et la continuité territoriale indispensables au développement durable.»