PRESTATION DE SERMENT EN RCA :
TOUADÉRA LANCE LE SEPTENNAT DE LA « TRANSFORMATION »
Sous le ciel de cobalt de Bangui, le Stade 20 000 places a vibré d’une ferveur qui a balayé toutes les prévisions. Ce n’était pas seulement une investiture, c’était le baptême de la Septième République. Devant une constellation de chefs d’État africains et une marée humaine dépassant les 30 000 âmes, Faustin-Archange Touadéra a troqué son costume de président de transition de crise pour celui de bâtisseur d’une ère nouvelle : celle de la « Transformation ».
Par Prince Aristide NGUEUKAM
À Bangui, le ciel a voulu tester la détermination des patriotes.
L’Ambiance : Entre déluge béni et ferveur solaire

Dès l’aube, une pluie torrentielle s’est abattue sur la capitale, une « bénédiction » selon les anciens, qui n’a en rien douché l’enthousiasme des 30 000 spectateurs.
Sous les parapluies colorés et les bâches de fortune, le stade a grondé de chants avant que le soleil ne perce enfin les nuages, comme pour saluer l’entrée en scène du cortège présidentiel. La ville, parée de drapeaux neufs et de fresques à la gloire de la « 7ème République », a vécu une journée de communion rare, où la météo capricieuse n’a été qu’un décor éphémère face à la solidité de l’engagement populaire.

Le sacre de la « terre hospitalière » : Entre ondes et lumière
L’image restera gravée dans les annales de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Pourtant, la journée avait débuté sous des auspices incertains. Dès l’aube, une pluie battante s’est abattue sur la capitale, une ondée tropicale dense qui, loin de décourager les Centrafricains, a été perçue par beaucoup comme une bénédiction céleste. Sous les parapluies et les bâches, la foule a tenu bon, investissant chaque recoin de l’arène bien avant que les nuages ne se déchirent pour laisser place à un soleil radieux, pile pour l’entrée des délégations.

Au premier rang, le doyen Denis Sassou N’guesso, président du Congo et actuel homme fort de la sous-région, observait avec une attention paternelle son « frère » centrafricain. À ses côtés, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, figure de proue du renouveau gabonais, et le président des Comores, apportaient une caution continentale de poids à cette cérémonie. L’ambiance ? Un mélange électrique de solennité républicaine et de liesse populaire. Dans un stade conçu pour 20 000 personnes, ils étaient plus de 30 000 à s’agglutiner jusque sur les pylônes de projecteurs. Un triomphe diplomatique pour celui que l’on surnommait autrefois « le Professeur » et qui s’impose désormais comme un pivot de la stabilité régionale.
Un serment, deux symboles

À 11h45, le silence s’abat sur l’arène. Faustin-Archange Touadéra lève la main droite. Ce geste scelle son entrée dans la Septième République, régie par la Constitution du 30 août 2023. Mais au-delà du droit, c’est le symbole qui a marqué les esprits. Le Président a souligné la coïncidence rare, en ce mois de mars 2026, du Carême chrétien et du Ramadan.
« Cette convergence spirituelle est une invitation à une quête commune de paix », a-t-il lancé, transformant un acte politique en un appel mystique à l’unité nationale. Une main tendue vers toutes les confessions, dans un pays qui revient de loin.

Le chantier du siècle : Sécurité et Émergence
Le mot est lâché, répété comme un mantra : Transformation. Pour Touadéra, ce mandat (2026-2032) est celui de la mutation profonde, appuyé par un « triangle d’acier » sécuritaire. Sans complexe, il a rendu hommage aux forces de défense nationales, mais aussi aux alliés russes et rwandais, ainsi qu’à la MINUSCA. Ce modèle de coopération bilatérale reste le socle non-négociable de l’essor économique à venir.
Le volet économique, justement, s’articule autour du Plan National de Développement 2024-2028. L’ambition est claire : désenclaver la RCA par des infrastructures routières et énergétiques majeures (champs solaires, corridor Bangui-Douala) pour transformer le potentiel agricole et minier en richesses concrètes.

Les nouveaux fronts : Corruption et Désinformation
Le ton s’est fait martial face aux « fossoyeurs de la République ». Touadéra promet une justice sans « intouchables » et une administration digitalisée pour sécuriser les recettes de l’État. Mais le combat se jouera aussi sur le terrain numérique. Face aux trames criminelles et aux « fake news », le Président fait de la lutte contre la désinformation une priorité de sécurité nationale, afin de protéger les esprits vulnérables des manipulations orchestrées pour créer le chaos.

L’appel à la Diaspora et à la Jeunesse
Le futur de ce septennat s’écrit aussi avec les forces vives de l’extérieur. Touadéra a lancé un appel vibrant à la diaspora, ces « ponts de confiance » entre la RCA et le monde. « Seul, je ne peux rien ; ensemble, nous pouvons tout », a-t-il conclu sous une ovation assourdissante. En quittant le stade, alors que le soleil de l’après-midi réchauffait les cœurs, le cortège présidentiel s’est frayé un chemin difficile à travers une foule en délire. Le Professeur a réussi son examen de passage : il a redonné de l’espoir. Reste maintenant à transformer l’essai.

