ÉCONOMIE VERTE :
Comment la République du Congo Compte Transformer ses Forêts en Moteur de Croissance
La République du Congo vient de franchir une étape historique dans sa stratégie de développement durable avec la soumission officielle de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0) au secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Ce document stratégique, transmis le 11 février dernier, a fait l’objet d’un atelier de lancement pour l’élaboration de son Plan d’action et d’investissement le 12 février à Brazzaville. Sous l’impulsion de Arlette Soudan-Nonault, Ministre Congolaise en charge de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, cette nouvelle feuille de route se présente comme le catalyseur d’une économie verte, résiliente et inclusive.
Lors de son allocution d’ouverture, la ministre Arlette Soudan-Nonault a immédiatement planté le décor en affirmant que la CDN 3.0 est bien plus qu’un simple document environnemental.

Une vision ministérielle pour anticiper les mutations mondiales
Selon la ministre de l’environnement de la République du Congo , en protégeant les 23,5 millions d’hectares de forêts et de tourbières et en engageant une transition énergétique ambitieuse, le pays anticipe les mutations économiques mondiales. Elle a précisé avec enthousiasme qu’il s’agit désormais de mobiliser les financements innovants et des technologies de pointe pour moderniser le tissu industriel, les transports et l’habitat congolais.
L’adaptation se trouve au cœur de ce document car elle vise avant tout à protéger les populations tout en garantissant la durabilité de la trajectoire de croissance du pays. La ministre s’est d’ailleurs réjouie d’annoncer officiellement que le Congo a transmis son document aux instances internationales le 11 février, réaffirmant ainsi un leadership fondé sur la dualité stratégique du pays, à la fois vulnérable aux risques climatiques et régulateur mondial grâce à ses écosystèmes.

L’appui stratégique des Nations Unies pour des projets bancables
Le Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies au Congo, Abdourahamane Diallo, a souligné l’ambition exceptionnelle de ce plan. Il a révélé que le Congo a élaboré sa CDN 3.0 avec des engagements très forts, notamment le renforcement de son puits net carbone. Pour lui, ce cadre multisectoriel est une véritable matrice de développement couvrant l’énergie, l’agriculture, les ressources en eau et la santé.
Monsieur Diallo a également insisté sur le fait que ce plan constitue un instrument stratégique majeur de mobilisation de fonds. Il a expliqué que ces outils permettront de structurer des projets bancables et de développer des mécanismes innovants tels que les paiements pour services environnementaux. Dans son esprit, l’objectif final est clair puisque ce Plan d’action doit contribuer à transcrire la grande diplomatie climatique du Congo en financements concrets au profit direct des populations.

Une priorité absolue pour la jeunesse et les droits de l’enfant
L’aspect le plus humain de cette réforme a été mis en lumière par les partenaires de l’UNICEF, qui saluent l’intégration systématique des besoins des plus jeunes. Les représentants de l’agence onusienne ont souligné qu’avec l’appui de l’UNICEF, les besoins et les droits des enfants, qui sont en première ligne face aux impacts du changement climatique, ont été clairement intégrés dans la CDN 3.0 du Congo. Cette approche garantit que le Congo ne se contente pas de préserver la nature, mais s’engage vers un avenir plus résilient et équitable pour chaque enfant.

Le défi colossal des 8,6 milliards de dollars
Le succès de cette ambition repose sur un pilier financier dont le montant donne le vertige. Monsieur Abdourahamane Diallo a rappelé que le besoin global pour la mise en œuvre de la CDN 3.0 est estimé à environ 8,6 milliards de dollars. Ce chiffre nécessite une approche de co-construction entre le gouvernement et l’ensemble des partenaires au développement.
La cérémonie s’est conclue par une photo de famille symbolisant l’unité des acteurs devant ce défi immense. En transmettant ce plan à la CCNUCC, le Congo ne signe pas seulement un engagement technique, il envoie un message de détermination au monde entier. Brazzaville prouve qu’elle est prête à transformer son patrimoine naturel en un moteur de prospérité durable, tout en restant fidèle à l’agenda 2063 de l’Union Africaine.
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