ÉNERGIE :
Le Congo monte en puissance avec la phase 2 de « Congo LNG »

La ville de Pointe-Noire est devenue l’épicentre de l’ambition énergétique africaine. En présidant, le 7 février 2026, le chargement de la première cargaison de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) de la phase 2 du projet Congo LNG, Denis Sassou-N’Guesso ne s’est pas contenté d’inaugurer une infrastructure : il a acté l’entrée du Congo dans le cercle des exportateurs mondiaux de gaz.
Par Prince Aristide NGUEUKAM
La mise en service de l’unité flottante Nguya FLNG marque le début d’une ère nouvelle. Après le succès de la phase 1 lancée en décembre 2023 avec l’unité Tango FLNG, cette deuxième étape double la mise.

Un saut technologique sans précédent
Le projet atteint désormais une capacité totale de liquéfaction de 3 millions de tonnes par an, soit environ 4,5 milliards de mètres cubes de gaz.
Pour le groupe italien Eni, partenaire stratégique de la République, ce projet est un modèle d’efficacité.Il établit un « nouveau repère international en matière de rapidité et d’efficacité d’exécution ». L’infrastructure est un monstre de technologie : une unité flottante de production de 13 blocs, une unité de stockage avec 9 plateformes et des installations à terre de pointe.

La fin du « gaz déchet » : une révolution économique
Pendant des décennies, le gaz associé à l’extraction pétrolière était considéré comme un encombrant. « Autrefois considéré comme un déchet, un sous-produit gênant destiné au torchage, le gaz devient aujourd’hui une ressource additionnelle considérable pour le budget de l’État », a martelé Alexandre Honoré Paka, Préfet de Pointe-Noire.
Cette transition du « torchage » (brûlage du gaz) vers la « valorisation » est au cœur de la stratégie de diversification nationale. Claudio Descalzi, PDG d’Eni, a d’ailleurs souligné que cette alliance stratégique incarne une responsabilité partagée, avec une attention constante aux besoins du pays.

Le gaz, nouveau pilier du PIB Congolais
Le Ministre des Hydrocarbures, Bruno Jean-Richard Itoua, a apporté une précision sémantique majeure lors de son intervention : « Désormais nous pouvons parler de barils équivalents pétrole parce que désormais nous produisons et du pétrole liquide et du gaz ». Pour lui, le gaz naturel est « indubitablement un facteur structurant de croissance » qui renforce la résilience de l’économie nationale face à la volatilité des cours du brut.

L’impact n’est pas seulement financier, il est industriel. Le développement de cette filière gazière structurée soutient l’industrialisation progressive du pays en offrant une source d’énergie stable et locale, tout en servant les marchés internationaux.

Une ferveur populaire et culturelle
L’événement n’était pas que technique ; il était aussi profondément ancré dans le terroir. Un rituel de consécration a été exécuté par les dignitaires de Loango, plaçant ce projet industriel sous la protection des traditions séculaires. Le clou de la journée a été l’imposant bain de foule du couple présidentiel, témoignant de l’adhésion de la population de Pointe-Noire à ce projet porteur d’avenir.

Avec Congo LNG, le pays ne se contente pas d’exporter une ressource ; il exporte son savoir-faire et sa vision. Comme l’a résumé la direction d’Eni, l’objectif est d’atteindre 20 millions de tonnes de GNL par an d’ici 2030 à l’échelle mondiale, et le Congo en est désormais l’une des pièces maîtresses.
