FINANCE —CEMAC:
Ouverture du Bureau d’Information sur le Crédit à Douala

Le gouverneur de la Béac, Yvon Sana Bangui, préside le lancement du BIC à Douala.

Sous la présidence du Gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, et en présence du Ministre délégué auprès du ministère camerounais de l’Économie, Paul Tasong, la capitale économique camerounaise a vibré le 20 janvier dernier au rythme du lancement officiel du Bureau d’Information sur le Crédit. Opérée par Créditinfo Central Africa, cette nouvelle infrastructure financière placée sous l’égide de la BEAC promet de révolutionner l’accès au financement pour les PME et les ménages de la sous-région.

 

L’architecture financière de l’Afrique centrale franchit un palier historique. La Banque des États de l’Afrique Centrale a procédé le 20 janvier 2026 à Douala au lancement officiel du tout premier Bureau d’Information sur le Crédit (BIC) de la zone CEMAC. Cette institution stratégique dont la gestion a été confiée à l’opérateur Créditinfo Central Africa constitue une avancée majeure dans la modernisation des circuits de financement régionaux.

Une solution concrète contre l’asymétrie d’information

Le BIC intervient pour corriger l’un des obstacles majeurs au développement économique de la sous-région à savoir le manque de données fiables sur la solvabilité des emprunteurs. Jusqu’à présent, l’incertitude entourant le profil de risque des clients poussait souvent les banques à maintenir des conditions d’octroi de crédits particulièrement restrictives.
Grâce à cette nouvelle plateforme, les établissements de crédit disposent désormais d’un outil centralisé permettant de partager des informations précises sur les antécédents de paiement. Ce mécanisme favorise une meilleure évaluation des risques et permet aux banques de prêter avec plus de confiance tout en réduisant les délais de traitement des dossiers.

Un levier de croissance pour les PME et les ménages

Le lancement de ce bureau vise prioritairement trois objectifs fondamentaux pour la santé économique régionale. Tout d’abord, il s’agit d’améliorer de manière significative l’accès au crédit pour les populations jusque-là exclues du système bancaire classique. Ensuite, le BIC renforce la transparence et la discipline financière en incitant les emprunteurs à maintenir un historique de crédit sain.
Enfin, cette infrastructure apporte un soutien crucial au financement des Petites et Moyennes Entreprises qui représentent le poumon économique de la CEMAC mais souffrent chroniquement d’un accès limité aux ressources financières. En offrant une meilleure visibilité sur leur comportement de remboursement, ces entreprises pourront plus facilement négocier des lignes de crédit adaptées à leur croissance.

Photo de famille au lancement du BIC

Fruit d’une coopération internationale exemplaire

Cette réalisation n’aurait pu voir le jour sans une synergie forte entre les acteurs locaux et internationaux. Le projet est en effet le résultat d’une collaboration étroite entre la BEAC et la Société Financière Internationale (SFI), filiale du Groupe de la Banque mondiale spécialisée dans le secteur privé.
En s’appuyant sur l’expertise technique de la SFI, la CEMAC se dote d’un système financier plus inclusif et plus robuste. Cette infrastructure régionale ne se limite pas à une simple base de données car elle devient un pilier de la stabilité monétaire et de la performance économique globale des États membres.

Vers une intégration économique renforcée

Le déploiement du BIC à Douala marque une étape décisive dans le renforcement de l’intégration économique au sein de la zone. En uniformisant les règles de partage de l’information financière, la CEMAC crée un environnement plus prévisible et plus attractif pour les investisseurs.
Alors que les défis du développement s’intensifient, la mise en service de Créditinfo Central Africa apparaît comme une réponse institutionnelle forte pour construire un système bancaire moderne. Cette dynamique devrait à terme stimuler la consommation des ménages et l’investissement productif, deux moteurs essentiels pour l’émergence économique de l’Afrique centrale.