FINANCEMENT :

Comment le FAGACE veut catalyser 7 000 milliards d’investissements d’ici 2030

Dakar a été le théâtre d’une refondation historique pour le Fonds Africain de Garantie et de Coopération Économique (FAGACE). Avec l’adoption du plan « Perspectives Africa 2030 », le 20 février dernier, l’institution ne se contente plus de garantir des crédits : elle ambitionne de devenir le moteur principal de l’investissement en Afrique, avec un objectif colossal de 7 000 milliards de FCFA de financements mobilisés.

 

Pour atteindre ses ambitions, le FAGACE a d’abord opéré une mue interne profonde.

Un changement de paradigme institutionnel

La 16ᵉ session ordinaire du Conseil des Gouverneurs a acté la « présidentialisation » de l’institution. Le Dr Ngueto Tiraïna Yambaye, désormais Président du FAGACE, dispose d’un mandat renforcé pour piloter cette transformation.

Dr Ngueto Tiraïna Yambaye, désormais Président du FAGACE

Cette réforme s’accompagne d’une modernisation de la gouvernance avec la mise en place d’un nouveau Secrétariat Général et de comités spécialisés dirigés par des administrateurs indépendants. Le Ministre centrafricain des Finances, Hervé Ndoba, Président sortant de la session, a insisté sur la portée de cette mutation. « C’est une session pendant laquelle nous avons pu adopter le projet de convention portant statuts du FAGACE, avec des décisions majeures comme la reformulation de la fonction du Directeur Général qui devient un Président, et le renforcement de nos comités spécialisés pour une gestion plus rigoureuse. »

Le gouverneur de la Beac, Sana Bangui et d’autres représentants des institutions financières

Une stratégie articulée autour de trois piliers fondamentaux

Pour catalyser ces 7 000 milliards de FCFA d’investissements, l’institution déploie une feuille de route offensive. Sous l’impulsion de Christian Yoka, nouveau Président du Conseil des Gouverneurs, le Fonds mise d’abord sur la consolidation de ses fonds propres, via l’accélération de la libération du capital et l’ouverture à de nouvelles adhésions étatiques.
Pour le Ministre Yoka, l’urgence est à l’action : « L’idée est de poursuivre le travail amorcé, de continuer les réformes de gouvernance et de renforcer les capacités financières du FAGACE. Il nous faut mettre un accent important sur la libéralisation du capital pour mettre le Fonds en position d’agir concrètement en soutien à l’économie de nos États membres. »
Parallèlement, le FAGACE opère une mutation de ses cibles : tout en maintenant son soutien aux projets publics, il descend désormais sur le terrain des PME/PMI grâce à des mécanismes de garantie plus flexibles. Enfin, l’innovation des instruments devient le levier central pour adapter les solutions de financement (bonifications de taux, allongement des maturités) aux réalités changeantes du marché africain.

Photos de famille

« Africa 2030 » : Une alternative crédible au service des États

Au-delà des réformes techniques, c’est une véritable vision de souveraineté financière qui a été dessinée lors de cette session. Le nouveau plan stratégique 2026-2030 vise à rendre l’institution plus agile et plus percutante face aux défis économiques du continent.
En effet, Hervé Ndoba a rappelé que le plan « Africa 2030 » est la clé de voûte de cette ambition. « Ce plan permet de paver la voie vers des lendemains meilleurs, pour que nos économies comptent véritablement sur le FAGACE comme une alternative crédible de financement des investissements nécessaires à la croissance africaine. »