INDISCIPLINE AU SEIN DU RDPC :

Éric Gervais Ndo face au conseil de discipline

Eric Gervais Ndo, président du conseil régional du Sud, lors de sa prestation de serment à la cour d’appel du Sud

L’heure de vérité a sonné pour les frondeurs de la Mvila. Suite à la rébellion inédite observée lors de l’élection de l’exécutif régional du Sud, le Conseil de discipline du Comité Central du RDPC, sous la présidence de l’ancien Premier ministre Peter Mafany Musonge, a officiellement convoqué le militant du Rdpc et président du conseil régional du Sud, Éric Gervais Ndo, pour une audition capitale le 22 janvier 2026. Ce rendez-vous judiciaire interne, motivé par la violation flagrante des investitures validées par le Président National Paul Biya, marque le début d’une procédure de sanctions qui pourrait aboutir à la radiation pure et simple des insoumis d’Ebolowa. Décryptage d’une crise de discipline qui secoue le « socle granitique » du parti au pouvoir.

La date du 22 janvier 2026 est désormais marquée d’une pierre noire pour la délégation permanente régionale du RDPC dans le Sud. En convoquant Éric Gervais Ndo, le conseil de discipline, dirigé par le sage Peter Mafany Musonge, envoie un signal de fermeté absolue. Il ne s’agit plus d’une simple remontrance verbale, mais de l’activation de l’appareil répressif du parti. L’instance devra statuer sur un cas de rébellion ouverte qui a vu un candidat s’opposer frontalement à l’investiture officielle, créant un précédent dangereux pour la cohésion nationale du parti à l’approche des échéances de 2026.

L’affront direct au choix de Paul Biya

Pour comprendre la sévérité de la procédure en cours, il faut remonter à la genèse du conflit. Le processus d’investiture pour les conseils régionaux n’était pas une simple formalité administrative. Le Président National, Paul Biya, avait personnellement examiné et paraphé les listes des candidats investis pour les dix régions.
En défiant Antoine Bikoro dans le Sud, Éric Gervais Ndo ne s’est pas seulement attaqué à un adversaire local ; il a rejeté un arbitrage souverain du Chef de l’État. Pour la hiérarchie du RDPC, cet acte constitue un sacrilège politique majeur, d’autant plus qu’il s’est produit dans le Sud, bastion historique et « sanctuaire » du président. Cette insoumission transforme une élection locale en un acte de sédition contre l’autorité suprême.

L’arsenal statutaire et la menace de radiation

Le Conseil de discipline s’appuiera sur une base juridique solide pour prononcer sa sentence. Les articles 23 et 25 des statuts du RDPC sont clairs : la discipline est le ciment du parti et le Comité Central dispose d’un pouvoir discrétionnaire sur les investitures.
La jurisprudence « Elise Essame » de 2013, où une élue avait été exclue pour une indiscipline similaire à Nkongsamba, plane comme une ombre sur le dossier d’Éric Gervais Ndo. Les observateurs s’accordent à dire que la marge de manœuvre de l’accusé est quasi nulle. La radiation, sanction suprême qui signifie la fin immédiate de toute fonction élective sous la bannière du parti, est l’issue la plus probable pour restaurer l’ordre et la crainte de la hiérarchie.

Un équilibre géopolitique régional brisé

Au-delà de l’aspect disciplinaire, le passage d’Éric Gervais Ndo devant Peter Mafany Musonge devra répondre aux conséquences sociales de son acte. L’investiture d’Antoine Bikoro répondait à une logique d’équilibre entre les départements de la région. Elle visait à offrir une vitrine politique à la Vallée du Ntem, souvent éclipsée par la dominance administrative de la Mvila.
En s’emparant du perchoir régional par un « putsch électoral » interne, les frondeurs ont brisé ce pacte de solidarité. Cette fracture territoriale inquiète en haut lieu, car elle fragilise l’unité du socle électoral du Président de la République dans sa propre région d’origine.