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Le Cameroun et les Émirats Arabes Unis scellent une alliance stratégique pour les transports

Le paysage des infrastructures de transport au Cameroun pourrait connaître une métamorphose profonde dans les prochaines années grâce à une offensive diplomatique et économique de haut vol. Le vendredi 16 janvier 2026, le Ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, a présidé une séance de travail capitale à Yaoundé avec une délégation de haut niveau venue des Émirats Arabes Unis. Portée par le National Plus Group, cette délégation intégrait des géants mondiaux tels que Emirates Airlines, Etihad Rail et Abu Dhabi Ports. Cette audience, tenue en présence du Ministre Délégué Njoya Zakariaou et des principaux directeurs techniques du département, marque une étape décisive dans le renforcement des liens entre Yaoundé et Abou Dabi.
Une expertise émiratie au service de la vision camerounaise
Dans son propos liminaire, le Ministre des Transports a souligné que cette rencontre traduit une volonté commune de bâtir un partenariat solide reposant sur une expertise technique reconnue et des capacités financières d’envergure. Le Gouvernement camerounais affiche clairement son ambition de moderniser ses chaînes logistiques pour soutenir la croissance économique nationale. Cette dynamique de coopération s’appuie sur un désir partagé de résultats concrets dans des secteurs où les Émirats Arabes Unis font figure de référence mondiale.
Le transport aérien et maritime sous le signe de la performance
Le volet aérien de cette coopération s’annonce particulièrement ambitieux avec la volonté de rendre enfin pleinement effectif l’accord bilatéral signé en 2020. Les discussions ont porté sur la desserte plus régulière du Cameroun par les compagnies émiraties mais aussi sur un soutien stratégique à la compagnie nationale Camair-Co. Un projet majeur de construction d’ateliers de maintenance des aéronefs a été évoqué pour transformer le Cameroun en un hub technique régional. Parallèlement, le secteur maritime n’est pas en reste puisque les autorités camerounaises ont sollicité une meilleure collaboration pour la sécurité des navires et la mise en œuvre de systèmes de suivi et de traçabilité performants afin d’optimiser la gestion du pavillon camerounais à l’international.

L’ambition ferroviaire et le défi du financement public-privé
Le domaine ferroviaire constitue sans doute le morceau de bravoure de ce futur partenariat avec une série de projets structurants capables de redessiner l’intégration régionale. Le Ministère des Transports a mis sur la table des chantiers colossaux comme la ligne Ngaoundéré-N’Djamena ou encore la liaison Édéa-Kribi-Campo destinée à doper l’activité du port en eau profonde. La réhabilitation de la dorsale Yaoundé-Ngaoundéré et la création de la ligne Douala-Limbé-Idenau complètent cette feuille de route audacieuse. Face à l’ampleur des investissements requis, le Cameroun privilégie désormais le Partenariat Public-Privé comme mode de financement stratégique.
Un avenir prometteur sous le sceau de la faisabilité
À l’issue des échanges, les investisseurs émiratis ont exprimé une disponibilité réelle pour mobiliser les ressources nécessaires tout en insistant sur la rigueur technique. Ils ont sollicité la transmission de fiches de projets détaillées afin d’évaluer précisément la rentabilité et la faisabilité financière de chaque initiative. Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè a réitéré sa détermination à accompagner ces projets qu’il juge essentiels pour un développement durable et intégré. Cette rencontre de Yaoundé pose ainsi les jalons d’une coopération prometteuse où la compétence technique émiratie viendra soutenir les ambitions de l’émergence camerounaise.
