INTÉGRATION RÉGIONALE :
Vent de réforme sur la CEEAC à Sipopo

Réunis en session extraordinaire à Sipopo en Guinée équatoriale le 16 janvier 2026, les ministres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale ont jeté les bases d’une refonte profonde de l’organisation.Piloté par le Président de la Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), l’Ambassadeur Ezéchiel Nibigira, l’ordre du jour portait sur la réorganisation de la Commission et la désignation d’un nouvel exécutif pour répondre aux défis pressants de la sous-région.
L’ambiance était studieuse et les débats passionnés dans la cité balnéaire de Sipopo. Prévue initialement pour durer une seule journée, la session extraordinaire du Conseil des ministres de la CEEAC s’est finalement étirée jusqu’aux premières lueurs de l’aube le samedi 17 janvier à 3 heures du matin. Ce prolongement témoigne de l’ampleur du chantier consistant à transformer la CEEAC en une institution moderne capable de piloter l’intégration d’une zone en proie à des mutations politiques et sécuritaires majeures.
Une Commission musclée pour plus d’efficacité
Le cœur des discussions a porté sur la réorganisation de la Commission de la CEEAC. En tant que bras séculier de l’organisation, la Commission doit gagner en agilité. Les ministres ont insisté sur la nécessité de rationaliser les ressources humaines et de doter l’organe d’outils opérationnels de pointe.
L’idée force semble claire car il s’agit de sortir de la lourdeur bureaucratique pour entrer dans une ère de résultats. Cette réforme vise une meilleure cohérence entre les décisions prises au sommet et leur application concrète sur le terrain au bénéfice direct des populations d’Afrique centrale.

Un nouvel exécutif sur les rails
L’un des moments forts de ce conseil a été l’identification des futurs visages de l’exécutif communautaire. Selon des sources proches du dossier, le choix des nouveaux commissaires s’est appuyé sur un triptyque rigoureux incluant la compétence technique, l’équilibre géopolitique et la représentativité régionale.
Cette nouvelle équipe dirigeante n’attend plus que l’onction politique suprême. La liste sera soumise à l’approbation des chefs d’État et de gouvernement lors de la 9ème session extraordinaire de la Conférence qui se tiendra par visioconférence le 24 janvier 2026.
Les autorités ont mis l’accent sur le renforcement du dialogue entre les capitales et le siège de la Commission pour une meilleure coordination politique. Par ailleurs, un effort particulier sera fait sur la communication afin d’améliorer la visibilité des actions de la CEEAC auprès des citoyens. Enfin, l’optimisation de la gestion des effectifs garantira une gouvernance plus saine.

Vers une institution de proximité
Au-delà des aspects techniques, le Conseil des ministres a envoyé un message fort en affirmant que la CEEAC doit cesser d’être perçue comme une institution lointaine. En prônant une collaboration accrue entre les ministères nationaux et la Commission, les États membres espèrent accélérer l’intégration économique et la libre circulation.
Le Conseil a souligné que l’objectif est de bâtir une Communauté plus cohérente et plus proche des priorités de la sous-région. Alors que le sommet des chefs d’État approche, Sipopo marque sans aucun doute un tournant décisif vers une Afrique centrale plus solidaire et mieux structurée face aux enjeux mondiaux.
