Bangui, janvier 2026 – Au lendemain de la proclamation des résultats provisoires par l’Autorité Nationale des Élections (ANE), le paysage politique centrafricain est marqué par la déclaration forte du président sortant. Avec un score de 76,15 % des suffrages, Faustin-Archange Touadéra voit dans ce plébiscite bien plus qu’une simple victoire électorale : il y lit la volonté d’un peuple de poursuivre sa marche vers la reconstruction.

L’annonce des chiffres par l’ANE a immédiatement déclenché une réaction de la part du candidat à sa propre succession. À travers un message de gratitude, le chef de l’État a tenu à placer le peuple centrafricain au centre de ce succès, qualifiant la mobilisation de « résultat de votre détermination ». Pour le camp présidentiel, ce chiffre massif valide les réformes engagées et témoigne d’une adhésion à la vision politique portée par le Mouvement Cœurs Unis (MCU) au cours des dernières années.
L’élément central de cette prise de parole réside dans l’usage du slogan désormais emblématique : « Kwa a goué ti lo gouéngo ». En affirmant que le travail doit continuer, Faustin-Archange Touadéra projette déjà le pays vers l’avenir, occultant les incertitudes de la période pré-électorale pour se concentrer sur les chantiers de son futur mandat. Cette expression en Sango renforce le lien de proximité avec sa base électorale et souligne un désir de stabilité dans la durée.
Toutefois, ce moment de célébration s’inscrit dans un processus institutionnel encore en cours. Si la victoire provisoire est éclatante, elle reste suspendue à l’examen d’éventuels recours par les candidats de l’opposition. La sérénité affichée par le président sortant semble toutefois indiquer une confiance totale dans la régularité du scrutin du 28 décembre 2025. L’attention se tourne désormais vers la Cour Constitutionnelle, seule habilitée à transformer ces chiffres provisoires en résultats définitifs.
En attendant cette étape finale, le message de Faustin-Archange Touadéra résonne comme un appel à l’unité derrière son programme de développement. Le défi majeur du président sera, une fois la victoire confirmée, de transformer cette « détermination » populaire en un levier pour la paix durable et la prospérité économique, tout en tendant la main à une classe politique qui attend de voir comment le pouvoir gérera cette hégémonie électorale.

