PRÉSIDENTIELLE 2025 :

Le Camp Touadera Fustige l’«Auto-proclamation» de Dologuélé et Appelle au Respect des Institutions

Hon Evariste Ngamana, porte parole du candidat Faustin Archange TOUADERA au courant de la conférence de presse du 3 janvier 2025

Alors que la République centrafricaine retient son souffle dans l’attente des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 décembre dernier, le climat politique s’est brusquement tendu. En réaction à la déclaration de victoire anticipée d’Anicet Georges Dologuélé, le porte-parole du candidat Faustin Archange Touadera, l’Honorable Evariste Ngamana, est monté au créneau ce 3 janvier 2026 au siège du Mouvement Cœurs Unis (MCU). Entre rappel à l’ordre juridique et mise en garde contre la déstabilisation, le camp du « Candidat numéro 1 » prône la fermeté.

C’est un quartier général du MCU bondé et électrisé qui a accueilli, ce samedi matin, la conférence de presse de l’honorable Evariste Ngamana. L’enjeu était de taille : répondre à la sortie médiatique de la veille de l’opposant Anicet Georges Dologuélé, lequel a revendiqué une victoire éclatante avant même que l’Autorité Nationale des Élections (ANE) n’ait achevé la centralisation des votes.

Une «Autoproclamation» jugée Illégale et Dangereuse

Dès l’entame de ses propos liminaires, Evariste Ngamana n’a pas mâché ses mots. Pour le porte-parole du président sortant, s’autoproclamer vainqueur dans un contexte de sortie de crise est un acte de « responsabilité historique » manqué. « Se déclarer vainqueur d’une élection avant la proclamation officielle revient à fragiliser la sérénité du climat politique et à exposer inutilement notre pays à des tensions évitables », a-t-il martelé devant un parterre de journalistes et de diplomates.
Le camp Touadera y voit non seulement une faute politique, mais surtout une violation flagrante de la nouvelle architecture constitutionnelle issue de la Loi fondamentale du 30 août 2023. Ngamana a rappelé avec force que, selon le droit positif centrafricain, seule l’ANE est habilitée à publier les résultats provisoires, et seul le Conseil Constitutionnel peut proclamer les résultats définitifs.

La Légalité contre la « Stratégie du Chaos »

L’argumentaire développé par l’Honorable Ngamana repose sur une séparation stricte entre le « slogan médiatique » et le « constat institutionnel ». En qualifiant la sortie de M. Dologuélé de manœuvre « dépourvue de toute valeur juridique », le MCU cherche à isoler l’opposition sur le terrain de l’illégalité.
Le porte-parole a d’ailleurs invité les autorités compétentes, notamment le Ministère de l’Administration du Territoire, à tirer les conséquences de ce qu’il qualifie d’« obstruction à la conduite sereine du processus électoral ». Cette demande suggère que le pouvoir en place n’exclut pas des suites judiciaires ou administratives face à ce qu’il perçoit comme des « velléités de déstabilisation ».

Un Appel au Calme et à la Vérité des Urnes

Malgré la sévérité du ton, Evariste Ngamana a réitéré la confiance du candidat Faustin Archange Touadera envers les institutions de la République. Le discours s’est conclu par une ode à la « jeune démocratie centrafricaine », appelant les citoyens et les partenaires internationaux à ne pas céder aux sirènes de la désinformation.
« Nous sommes plus que déterminés à faire triompher la vérité des urnes », a-t-il lancé, réaffirmant que le camp du pouvoir attendra, lui, le verdict officiel dans le respect des délais légaux.
Alors que les résultats provisoires sont attendus pour le 5 janvier, cette passe d’armes illustre la fragilité du consensus post-électoral en RCA. Le face-à-face entre Touadera et Dologuélé, pour la troisième fois consécutive, semble se jouer autant dans les bureaux de vote que sur le terrain de la communication de crise.
Prince Aristide Ngueukam