PRÉSIDENTIELLE 2026 AU CONGO :
La Cour Constitutionnelle valide sept prétendants pour le palais du Plateau
À moins d’un mois du premier tour, la haute juridiction congolaise a rendu son verdict. Ils seront sept candidats à briguer la magistrature suprême les 13 et 15 mars prochains. Entre figures historiques, opposants persévérants et visages de la nouvelle génération, le paysage électoral est désormais figé.À la découverte des candidats…
Par Prince Aristide NGUEUKAM
L’attente a pris fin, le 21 février 2026, dans la capitale congolaise. Après l’examen rigoureux des dossiers de candidature, la haute juridiction a validé la liste des prétendants à la magistrature suprême. Si le nombre de candidats reste restreint, il reflète les principaux courants qui traversent la société congolaise actuelle : la continuité historique, l’opposition institutionnelle et la soif de rupture générationnelle.
Denis Sassou-N’Guesso ou la quête du nouveau souffle
Candidat naturel du Parti Congolais du Travail (PCT), le président sortant sollicite à nouveau la confiance des électeurs. À 82 ans, celui qui domine la scène politique nationale depuis des décennies axe sa stratégie sur la résilience économique. Sa campagne, déjà amorcée sous le signe de la « souveraineté alimentaire », vise à transformer le potentiel agricole du pays pour pallier la volatilité des cours du pétrole. Pour la majorité présidentielle, l’enjeu est de démontrer que l’expérience reste le meilleur rempart contre l’instabilité régionale.
L’offensive de la nouvelle garde
Face au doyen de la politique congolaise, une jeunesse décomplexée tente de bousculer les codes. Dave Mafoula, Patron du parti « Les Souverainistes »(LS), déjà aguerri par le scrutin de 2021, revient avec une structure politique plus dense. À ses côtés, Destin Gavet, leader du Mouvement Républicain, incarne une opposition de terrain, très active sur les réseaux sociaux et auprès des diasporas. Ces deux candidats misent sur un discours de rupture totale, promettant une réforme de l’État et une alternance qu’ils jugent indispensable pour la vitalité démocratique du pays.
Les piliers de l’opposition institutionnelle
Le paysage ne serait pas complet sans les figures historiques de la contestation parlementaire. Joseph Kignoumbi Kia Mboungou du parti « La Chaîne », dont la récente éviction du bureau de l’Assemblée nationale a fait grand bruit, se présente en homme d’État capable de réformer le système de l’intérieur. Rappelons qu’il a été plusieurs fois candidat à la présidentielle (2002, 2009, 2016 et 2021). De son côté, Anguios Nganguia Engambe, leader du Parti pour l’action de la République (PAR), fidèle à sa ligne de défense des classes moyennes et populaires, continue de porter un message axé sur la justice sociale et la transparence administrative.
La voix des indignés et des indépendants
Vivien Romain Manangou, président du parti « Debout pour le Congo » et porté par le mouvement « Les Mécontents », apporte une dimension plus radicale et sociale au débat. Sa candidature cristallise les frustrations liées au coût de la vie et au chômage endémique. Enfin, Mabio Zingha Mavoungou, candidat indépendant, complète ce tableau en proposant une approche que certains observateurs qualifient de technocratique, privilégiant les solutions concrètes aux joutes idéologiques classiques.
Un calendrier électoral sous haute tension
Le compte à rebours est lancé. Les troupes de la force publique ouvriront le bal le 13 mars par un vote anticipé, avant que le reste du corps électoral ne se rende aux urnes le dimanche 15 mars. Si la Cour Constitutionnelle a assuré la légalité des candidatures, le défi majeur reste celui de la mobilisation. Dans un climat où une partie de l’opposition radicale reste en marge du processus, les sept candidats officiels devront convaincre un électorat jeune et exigeant que le salut du Congo passe par les urnes.


