SCANNING AU PORT DE DOUALA :

La Primature permet au PAD de recruter un autre opérateur

Une.vue d’une opération de scanning des marchandises au port de Douala

Par une série de directives fermes datées du 30 janvier 2026, le Secrétaire Général des Services du Premier Ministre, Séraphin Magloire Fouda, a acté le retour immédiat de SGS Scanning S.A. au Port de Douala. Toutefois, le Gouvernement laisse une fenêtre ouverte au Port Autonome de Douala (PAD) pour recruter un second opérateur sur les segments non couverts.

L’incertitude qui planait sur les opérations d’inspection par scanner au Port Autonome de Douala (PAD) vient d’être levée. À la suite d’une réunion interministérielle de crise tenue le 29 janvier, le Chef du Gouvernement a tranché un différend qui menaçait la fluidité du commerce extérieur camerounais. Le verdict est clair : le respect des engagements contractuels prime, mais la modernisation de la plateforme portuaire ne doit pas s’arrêter.

Le retour impératif de SGS Scanning

La première directive, adressée directement à la direction de SGS Scanning S.A., ordonne la reprise effective des opérations dès le vendredi 30 janvier 2026. Cette décision s’appuie sur le contrat liant l’entreprise au Gouvernement camerounais. En réintégrant l’opérateur historique, la Primature sécurise le cadre juridique des investissements et évite un vide technique qui aurait pu nuire à la sécurité des marchandises et aux recettes douanières. SGS Scanning retrouve ainsi son plein exercice dans le périmètre défini par ses accords avec l’État.

Une ouverture encadrée pour un second opérateur

La grande nouveauté de cet arbitrage réside dans la lettre adressée au Directeur Général du PAD, Monsieur Cyrus Ngo’o. Si le Premier Ministre demande de prendre toutes les dispositions pour le retour de SGS, il valide également l’ambition du PAD de diversifier ses prestataires.
Le Chef du Gouvernement autorise explicitement le PAD à engager une procédure pour l’attribution de prestations de scanning à un autre opérateur. Cependant, cette ouverture est assortie d’un garde-fou majeur : elle ne doit concerner que le trafic non couvert par le contrat de SGS Scanning Cameroun S.A. Cette zone de manœuvre concerne potentiellement le trafic conventionnel, les marchandises hors conteneurs ou les nouvelles extensions de la plateforme portuaire.

La légalité comme boussole

Pour éviter tout nouveau conflit, la Primature pose des conditions strictes à ce recrutement complémentaire. Le PAD est invité à engager une « procédure régulière » et « strictement conforme aux textes en vigueur ». Ce rappel à l’ordre souligne que toute nouvelle collaboration doit se faire dans la transparence, via les mécanismes de la commande publique, et sans empiéter sur les droits acquis de l’opérateur historique. L’objectif est d’instaurer une cohabitation harmonieuse plutôt qu’une confrontation frontale entre prestataires.

Un suivi au sommet de l’État

La sensibilité de ce dossier est attestée par l’impressionnante liste des ampliataires : Présidence de la République, Justice, Finances et Transports. Le Secrétaire Général de la Primature a exigé un compte rendu immédiat des diligences effectuées pour la mise en œuvre de ces « hautes directives ».
Cette intervention du Premier Ministre marque une volonté de stabiliser le climat des affaires au Port de Douala, poumon économique du Cameroun. Pour les importateurs et exportateurs, cette clarification devrait se traduire par une réduction des délais de passage et une sécurité renforcée des contrôles, mettant ainsi un terme à une période de flottement préjudiciable pour la chaîne logistique nationale.