RÉVISION CONSTITUTIONNELLE AU CAMEROUN :
LES DESSOUS DU CONGRÈS PARLEMENTAIRE DE 2026

Le Palais de verre Paul Biya de Yaoundé devient, dès ce jeudi 2 avril 2026, l’épicentre de la vie politique camerounaise. Pour la première fois sous la présidence du Très honorable Théodore Datouo, députés et sénateurs se réunissent en Congrès pour une session de quatre jours qui pourrait redéfinir les équilibres du pouvoir.
Par Prince Aristide NGUEUKAM
C’est une mobilisation exceptionnelle. Du jeudi 2 au dimanche 5 avril, le Parlement camerounais siège en Congrès. Si le protocole est rigoureusement encadré par la Loi fondamentale, l’enjeu réel de ce rassemblement dépasse la simple formalité législative car il s’agit d’adapter la Constitution à un contexte politique et électoral en pleine mutation.
Une organisation millimétrée pour des enjeux complexes
Le programme du Congrès a été conçu pour traiter des dossiers denses dans un temps particulièrement court. Les activités débuteront ce jeudi 2 avril par une séance solennelle d’ouverture fixée à 10 heures, laquelle sera immédiatement suivie d’une conférence des présidents.
Les journées de vendredi et samedi seront consacrées aux travaux en commission spéciale. Cette instance stratégique, composée de 15 députés et 15 sénateurs, aura la lourde tâche d’examiner les textes article par article afin d’en peaufiner les contours juridiques. Le point d’orgue de cette session historique interviendra le dimanche 5 avril lors d’une séance plénière d’adoption prévue à 16 heures, marquant ainsi l’aboutissement de ces quatre jours de réflexion législative.
Le chantier des mandats et de l’exécutif
Au cœur des débats se trouve la gestion du calendrier électoral. Suite aux récentes prorogations des mandats des députés et des conseillers municipaux, le Congrès doit désormais statuer sur les modalités et la durée de ces prolongements. L’enjeu est de stabiliser le corps électoral en vue des échéances futures, avec une attention particulière portée au statut des élus locaux.
Mais le sujet le plus brûlant demeure l’architecture de l’exécutif. Des sources concordantes indiquent que les parlementaires examineront l’introduction d’un nouveau poste de haute responsabilité au sommet de l’État. Cette réforme pourrait modifier la ligne de succession ou la répartition des pouvoirs au sein du gouvernement, une perspective qui suscite déjà de nombreuses analyses dans la capitale.
La voie de l’article 63
Conformément à la Constitution, le recours au Congrès permet d’adopter une révision sans passer par un référendum populaire. L’article 63 dispose en effet que le projet ou la proposition de révision peut être soumis directement au Parlement. Dans cette configuration, le texte doit recueillir la majorité qualifiée des deux tiers des membres pour être définitivement adopté.
Sous la houlette de Théodore Datouo, le Parlement s’apprête donc à valider des réformes qui, si elles sont votées dimanche soir, ouvriront un nouveau chapitre de l’histoire institutionnelle du Cameroun, entre continuité et réajustements stratégiques.
