SOMMET DE LA BAD 2026 :
Le Congo s’érige en hub de la finance africaine

Du 25 au 29 mai 2026, Brazzaville redeviendra le centre de gravité de l’économie continentale. Sous l’impulsion du Dr Sidi Ould Tah, Président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), et du Ministre Ludovic Ngatsé, agissant en sa qualité de Président des Conseils des Gouverneurs de la BAD, la République du Congo s’apprête à accueillir les 61èmes Assemblées Annuelles. Entre vision stratégique et préparatifs de terrain supervisés par le Vice-Premier Ministre Jean-Jacques Bouya, le pays affiche une ambition claire : transformer l’architecture financière de l’Afrique.
Par Prince Aristide NGUEUKAM
C’est un véritable tournant pour la finance panafricaine. Brazzaville s’apprête à recevoir plus de 3 000 délégués, incluant chefs d’État, gouverneurs de banques centrales et capitaines d’industrie. Quarante-deux ans après l’édition historique de 1984, ce retour aux sources symbolise la renaissance économique du pays et son rôle pivot en Afrique centrale.
L’offensive stratégique de Ludovic Ngatsé
Dans sa déclaration tenue hier, Ludovic Ngatsé, Ministre de l’Économie, du Plan et de l’Intégration régionale, a tracé les contours d’une ambition de rupture. Le ministre a insisté sur le fait que, dans un monde de plus en plus fragmenté, l’Afrique ne peut plus se permettre d’attendre. La nouvelle feuille de route de l’institution repose sur les « quatre points cardinaux » : une stratégie visant à agir plus vite, à plus grande échelle et à maximiser l’impact des financements au profit des populations.
En tant que Président des Conseils des Gouverneurs de la BAD, Ludovic Ngatsé porte ce plaidoyer pour une nouvelle architecture financière africaine visant à mobiliser massivement l’épargne locale afin de réduire le coût du capital. Pour le gouvernement congolais, ce sommet est le tremplin idéal pour promouvoir le Plan National de Développement (PND 2027-2031). Ce plan mise sur une diversification économique audacieuse, valorisant le capital environnemental exceptionnel du Bassin du Congo tout en modernisant le cadre macroéconomique pour attirer les investisseurs privés.

Rigueur logistique et préparation du terrain
L’ambition diplomatique s’accompagne d’une exigence opérationnelle sans faille. Preuve de l’importance capitale de ce rendez-vous, le Vice-Premier Ministre en charge des Infrastructures, Jean-Jacques Bouya, et le Ministre Ludovic Ngatsé se sont déployés hier sur les sites stratégiques de l’événement.
Les officiels ont d’abord passé au crible les dispositifs d’accueil de l’Aéroport International Maya-Maya, porte d’entrée des délégations, afin de garantir une fluidité protocolaire aux standards internationaux. La visite s’est poursuivie au Centre International de Conférences de Kintélé, véritable fleuron architectural qui abritera le cœur des débats. Des salles de commissions aux espaces de networking, chaque détail a été inspecté pour s’assurer que Brazzaville offre aux décideurs mondiaux un cadre d’échange d’excellence.

Un enjeu de souveraineté et d’émergence
Au-delà de la logistique, cette mobilisation gouvernementale souligne une volonté de fer : bâtir une économie plus résiliente et inclusive. Le Ministre Ngatsé a rappelé que l’objectif ultime demeure la création de valeurs et d’emplois pour la jeunesse. En renforçant les infrastructures énergétiques et de transport, le Congo ne se contente pas d’organiser une conférence ; il pose les jalons d’une transformation structurelle durable.
Brazzaville est prête. Fidèle à sa tradition d’ouverture et d’hospitalité, la capitale congolaise s’apprête à démontrer qu’elle est bien plus qu’une terre d’accueil : elle est le laboratoire de la future puissance financière du continent. Comme le souligne le ministre avec ferveur : « Mbote na bino, matondo ». L’Afrique a rendez-vous avec son destin financier sur les rives du fleuve Congo.

