Roadshow BGFIBank à Yaoundé : 80,5 milliards FCFA pour le plan « BGFI 2030 »

La team BgfiBank lors du Roadshow de Yaoundé

Réunis ce lundi 5 octobre à l’Hôtel Hilton de Yaoundé autour de leur PDG Henri-Claude Oyima, les dirigeants de BGFIBank Holding Corporation ont présenté aux investisseurs camerounais la deuxième phase de leur Appel Public à l’Épargne. Avec une levée de fonds ciblée à plus de 80,5 milliards de FCFA, le leader bancaire d’Afrique centrale entend mobiliser l’épargne régionale pour financer son plan stratégique « BGFI 2030 » et accélérer son expansion panafricaine.

Par Prince Aristide NGUEUKAM 

C’est dans les salons feutrés de l’Hôtel Hilton de Yaoundé que BGFIBank Holding Corporation a donné, ce lundi 5 octobre, le coup d’envoi de sa série de rencontres avec la communauté financière camerounaise. Conduite par son Président-Directeur Général, Henri-Claude Oyima, la délégation du premier groupe bancaire d’Afrique centrale est venue séduire institutionnels, chefs d’entreprise et particuliers autour de la deuxième phase de son augmentation de capital par Appel Public à l’Épargne (APE).

Face à une audience attentive réunissant investisseurs, analystes et régulateurs, le groupe a levé le voile sur une opération d’envergure financière et souveraine : lever 80,558 milliards de FCFA pour doter l’institution des fonds propres requis par son nouveau plan stratégique quinquennal, « BGFIBank 2030 ».

Allocution du PDG BgfiBank, Henri Claude OYIMA

Une ouverture du capital fixée à 80 000 FCFA le titre

La journée s’est ouverte par le mot de bienvenue de l’Administrateur Directeur Général (ADG) de BGFIBank Cameroun. Plantant le décor, le dirigeant local a souligné la vocation inclusive de cette seconde tranche, qui met sur le marché 6,15 % du capital de la holding de tête au prix de souscription unitaire de 80 000 FCFA.

Pour l’ADG, la démarche dépasse la simple logique de marché : elle matérialise l’ambition d’enraciner l’actionnariat dans la zone CEMAC et de permettre aux épargnants régionaux de devenir propriétaires d’un champion sous-régional. « L’Afrique doit se concevoir et se construire par rapport à ses propres moyens », a-t-il rappelé, invitant l’assemblée à s’approprier pleinement l’exercice d’évaluation financière.

Prise de parole de l’Adg de BgfiBank Cameroun, Abakal Mahamat

Henri-Claude Oyima : des ratios records au service d’une expansion panafricaine

Prenant la parole, le PDG Henri-Claude Oyima n’a pas ménagé ses arguments pour rassurer les marchés. Face aux réticences historiques des marchés de capitaux africains, il a opposé la rigueur opérationnelle et la santé financière de l’institution cinquantenaire : « Que les investisseurs sachent qu’ils ont affaire à un groupe structuré, bien organisé, rentable, et qui pense au futur ainsi qu’à l’importance du capital qu’ils remettent entre nos mains. »

Les chiffres avancés pour appuyer cette solidité sont sans équivoque. Le groupe a dégagé un résultat net consolidé supérieur à 133 milliards de FCFA en 2025, tout en maintenant une politique de rétribution attractive avec plus de 80 milliards de FCFA de dividendes versés sur les quatre dernières années. Sur le plan prudentiel, l’institution affiche un ratio de solvabilité franchissant la barre des 20 %, se situant ainsi largement au-delà des exigences réglementaires de la COBAC.

Cette manne financière fraîche doit servir trois priorités : financer l’expansion géographique via l’implantation dans de nouveaux pays du continent (déjà identifiés), muscler les fonds propres des filiales majeures, et accroître l’exposition du groupe sur les grands chantiers d’infrastructures. Au Cameroun particulièrement, où la filiale affiche une santé éclatante, l’objectif stratégique a été clairement martelé : franchir le cap symbolique des 1 000 milliards de FCFA de total de bilan d’ici 2027, tout en consolidant l’octroi de crédits aux PME, aux grandes entreprises et à l’État.

Une vue de l’assistance

Une structuration financière ultra-régulée

Intervenant sur la mécanique de l’opération, Ulrich Gambigha, Directeur Général de BGFIBourse, a détaillé l’architecture de placement. Menée en consortium avec EDC (Ecobank Development Corporation) en tant qu’arrangeurs agréés, l’opération bénéficie de tous les visas réglementaires de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF).

« Notre rôle d’arrangeurs agréés est d’assurer la jonction technique et légale entre l’émetteur et les investisseurs, qu’ils soient institutionnels ou personnes physiques. En mobilisant l’épargne publique sous un cadre régulé strict, nous garantissons la transparence et la conformité intégrale de l’opération », a précisé M. Gambigha.

Moment d’échange avec les participants

Questions-réponses : les experts de la holding sous le feu des projecteurs

Point d’orgue de ce rendez-vous, une longue session d’échanges directs et sans concession a permis aux participants de questionner l’état-major de BGFI. Rentabilité future des actions, liquidité des titres sur le marché secondaire de la BVMAC, politique de distribution de dividendes sous le plan 2030, couverture du risque de change et gouvernance : les experts techniques de BGFI Holding Corporation ont répondu point par point aux interrogations des gérants de fonds et des investisseurs privés.

Ces explications détaillées ont permis de dissiper les zones d’ombre, mettant en exergue la récurrence des bénéfices historiques du groupe et la résilience de son portefeuille de crédits.

Une vue de l’assistance

Cap sur la capitale économique

Après l’étape protocolaire et institutionnelle de Yaoundé, la caravane de BGFIBank Holding Corporation met le cap sur Douala dès ce mardi, où une session similaire est attendue au K Hotel. Devant le patronat, les capitaines d’industrie et les grands institutionnels du poumon économique camerounais, le groupe gabonais entend bien transformer l’intérêt manifesté à Yaoundé en souscriptions effectives.

ILS ONT DIT 

Henri Claude OYIMA :

« Que les investisseurs sachent qu’ils ont affaire à un groupe structuré, bien organisé, rentable, et qui pense au futur et à l’importance du capital qu’ils remettent entre nos mains. »

Alors que BGFIBank Holding Corporation sollicite l’épargne régionale pour une opération d’envergure, son PDG Henri-Claude OYIMA est venu rassurer et séduire les investisseurs ce 5 octobre 2025 à Yaoundé. Entre ratios de solvabilité solides, résultats records et perspectives de rentabilité, le leader bancaire sous-régional affiche son cap pour le plan stratégique « BGFIBank 2030 » et promet un soutien accru à l’économie camerounaise.

FORUM LIBRE : Investor Meeting, c’est le premier rassemblement avec les investisseurs camerounais pour cette deuxième phase de l’augmentation du capital public. Au sortir de cette rencontre, quelles sont vos impressions ?

Henri Claude OYIMA : Impressions de satisfaction, de fierté. L’Afrique doit se concevoir, se construire par rapport à ses propres moyens. Pendant longtemps, nous avons pensé que le bonheur venait d’ailleurs et que, souvent, nous avons eu tendance à aller chercher ce qui était possible sur notre propre continent, sur notre propre zone.

L’opération de BGFIBank Holding Corporation aujourd’hui, c’est de dire aux investisseurs régionaux qu’un groupe panafricain peut continuer à maintenir son développement, sa force de croissance avec des capitaux régionaux. Et c’est la première phase que nous avons lancée aujourd’hui ici à Yaoundé, pour demander, solliciter à nos investisseurs régionaux de rejoindre la belle aventure de BGFIBank.

C’est une aventure qui dure depuis plus de 55 ans et dont nous voulons tracer les années à venir avec le nouveau projet BGFIBank 2030 : croissance, performance, efficacité opérationnelle pour que nos actionnaires puissent bénéficier des efforts de notre groupe.

Jusqu’à 80 milliards, 558 millions. Quels enjeux et quelles ambitions ?

Les enjeux, c’est renforcer la croissance de nos… d’abord nos pôles de croissance dont BGFIBank Cameroun. C’est ouvrir de nouvelles filiales dans des pays qui ont déjà été identifiés — et vous me permettez que je ne vous en donne pas les noms — ; c’est renforcer les capacités de développement. Vous savez, une banque progresse en fonction de la qualité de ses fonds propres. Donc aujourd’hui, ici au Cameroun, vous verrez que BGFIBank Cameroun sera beaucoup plus proche de nos clients et renforçant son assise financière pour accompagner des projets structurants.

Alors, pour la solidité du groupe bancaire, dites-nous simplement quels sont les mécanismes ?

Les mécanismes, c’est qu’aujourd’hui, en renforçant nos fonds propres, nous avons donc un ratio de solvabilité qui dépasse les 20 %. Et la solvabilité, c’est l’élément clé qui permet donc à un groupe de s’épanouir, de se développer, beaucoup plus d’accompagner les financements de nos projets structurants parce que l’Afrique et la CEMAC en ont besoin, des établissements forts. Et en tant que premier groupe financier de la sous-région, nous devons tenir notre place pour accompagner ces financements structurants.

Qu’ en est des indicateurs?

Les indicateurs, c’est déjà un résultat en 2025 qui a été de plus de 133 milliards de francs CFA. C’est un dividende, sur les quatre dernières années, qui dépasse les 80 milliards de francs CFA. Après tout, nous sommes là pour parler aux investisseurs, donc que les investisseurs sachent qu’ils ont affaire à un groupe structuré, bien organisé, rentable, et qui pense au futur et à l’importance du capital qu’ils remettent entre nos mains.

Pour cette deuxième phase de l’augmentation du capital, quels bénéfices pour le Cameroun ?

Les bénéfices pour le Cameroun, comme je l’ai dit, déjà, c’est renforcer les assises de nos filiales sur le Cameroun, dont notre ambition en 2027, c’est de dépasser les 1 000 milliards de total bilan. C’est une rentabilité pour nos actionnaires ; c’est l’accompagnement pour les PME, les particuliers, les grandes entreprises, et l’accompagnement de l’État. Voilà ce que nous voulons faire ici au Cameroun, avec notre Administrateur Directeur Général qui, aujourd’hui, est un homme important pour notre dispositif au niveau du groupe.

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Ulrich Gambigha, Directeur Général BgfiBourse :

« En tant qu’arrangeurs agréés sur un marché régulé, notre mission est de faire la jonction entre l’émetteur et les investisseurs pour mobiliser, en toute conformité, l’épargne publique nécessaire au financement de nos économies. »

Concernant la place des arrangeurs dans cette opération, il faut savoir qu’il s’agit d’une opération formellement autorisée, car nous évoluons au sein d’un marché régulé qui fait intervenir plusieurs acteurs.

Dans le cas présent, BGFI Holding Corporation est l’émetteur. Il s’agit d’un appel public à l’épargne lancé pour financer son plan d’entreprise « BGFI 2030 », qui nécessite une levée de capitaux frais s’élevant à 80,558 milliards de FCFA.

Comme nous opérons sur un marché réglementé, un cadre strict s’applique : Il y a un émetteur, qui est BGFI Holding Corporation ; Et il y a des arrangeurs, à savoir BGFIBourse et EDC (Ecobank Development Corporation).

Le rôle de l’arrangeur est d’assurer la jonction entre l’émetteur et les investisseurs — qu’il s’agisse d’institutionnels ou de personnes physiques, au sein de la zone CEMAC ou au-delà. Nous sommes les entités spécifiquement habilitées à collecter l’épargne publique. C’est la raison pour laquelle une telle opération n’est pas directement menée par une banque commerciale : nous sommes des structures financières spécialisées et agréées. Ainsi, lors d’une mise sur le marché, le régulateur accorde un visa (ou agrément) pour l’opération, et l’ensemble des acteurs intervenants disposent eux-mêmes des agréments requis par l’autorité de régulation.