ÉNERGIE-RÉGION DU LITTORAL :

Gaston Eloundou Essomba met la pression sur les chantiers du second corridor de Nachtigal

Le Minée Gaston Eloundou Essomba sur le terrain

Le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a entamé ce 8 juillet 2026 une visite de contrôle cruciale dans la région du Littoral. Face aux retards et aux défis techniques du deuxième corridor d’évacuation d’électricité, le membre du gouvernement exige des entreprises un calendrier strict et une qualité sans compromis pour sécuriser l’approvisionnement de Douala.

Par Prince Aristide NGUEUKAM

Le secteur de l’électricité au Cameroun joue sa crédibilité sur le terrain du respect des délais. Conscient de l’urgence, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), Gaston Eloundou Essomba, a entamé ce mercredi 8 juillet 2026 un marathon d’inspection de 48 heures dans la région du Littoral. L’objectif est clair : évaluer au peigne fin l’état d’avancement des travaux du deuxième corridor d’évacuation de l’énergie électrique, une infrastructure hautement stratégique destinée à acheminer la production du barrage hydroélectrique de Nachtigal.

Inspection des ouvrages

Une détermination ministérielle à toute épreuve

Cette énième descente sur le terrain du chef de ce département ministériel n’est pas une simple formalité bureaucratique. Elle traduit, au contraire, la détermination farouche d’un ministre résolu à prendre le taureau par les cornes et à trouver des solutions pérennes pour sortir le secteur énergétique de sa zone de turbulences. Multipliant les missions de proximité, Gaston Eloundou Essomba refuse le statu quo et s’impose un suivi rapproché pour contraindre les acteurs de la chaîne à délivrer les résultats attendus par les populations et le tissu industriel.

Pour cette première journée, le MINEE a déployé une artillerie lourde d’experts et de décideurs. À ses côtés, on retrouvait les Directeurs généraux de la Société Nationale de Transport de l’Électricité (SONATREL) et de l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité (ARSEL), les hauts responsables de la Société Camerounaise de Distribution de l’Électricité (SOCADEL), ainsi que les autorités administratives locales, les ingénieurs-conseils des missions de contrôle et les directeurs des entreprises adjudicataires.

Séance de travail sur le terrain des opérations

Un parcours technique sous haute surveillance

La délégation a passé au crible le tracé névralgique de la ligne 400/225 kV reliant Nkolkoumou à Édéa (Béon). Le périple a débuté par une inspection minutieuse des opérations délicates de déroulage des conducteurs entre les pylônes 320 et 320A. Cap ensuite sur Boumnyebel, où le ministre a observé les manœuvres de réglage des flèches, une phase technique critique pour la sécurité des lignes de haute tension.

Le convoi a ensuite rallié le poste d’Édéa-Béon, avant de s’engager sur le tronçon reliant Édéa-Béon à Missolé-Yassa, en traversant les plantations de la SAFACAM. Cette inspection marathon s’est achevée au crépuscule sur le site des postes et du corridor de Ngodi Bakoko, aux portes de Douala. Sur chaque site, le ministre a confronté les planifications théoriques à la réalité du terrain, traquant les goulots d’étranglement et les défaillances techniques.

Séance de débriefing présidé par le Minée Gaston Eloundou Essomba à la fin de journée d’inspection du 8 juillet à l’hôtel Sawa de Douala

L’heure de vérité à l’hôtel Sawa : l’ultimatum du MINEE

Le point d’orgue de cette journée s’est joué en soirée lors d’un huis clos électrique à l’hôtel Sawa de Douala. Autour de la table, l’ambiance était solennelle. Face au ministre, chaque entreprise a dû justifier son taux d’exécution, présenter ses plannings de livraison et formuler ses requêtes pour surmonter les obstacles financiers ou logistiques.

Refusant les promesses sans lendemain, Gaston Eloundou Essomba a exigé la contractualisation d’un chronogramme de réalisation à la fois réaliste, contraignant et juridiquement engageant. « Je veux un chronogramme réaliste, engageant et respecté. Chaque entreprise doit assumer ses responsabilités, exposer clairement ses contraintes afin qu’elles soient levées, mais surtout tenir les délais annoncés. La qualité des ouvrages n’est pas négociable », a martelé le ministre avec fermeté.

Une vue des participants(Sonatrel, Socadel, Prestatires…) à la séance de débriefing

Un enjeu vital pour le poumon économique du pays

Ce projet n’admet aucun retard. Ce deuxième corridor est l’artère vitale qui doit stabiliser le Réseau Interconnecté Sud (RIS). En augmentant drastiquement les capacités de transit de l’énergie de Nachtigal, il vise à sécuriser l’alimentation des grands centres de consommation, en premier lieu le bassin industriel de Douala, asphyxié par les interruptions de service.

La mission se poursuit ce jeudi 9 juillet 2026. Le ministre ira directement à la rencontre des capitaines d’industrie pour évaluer leurs besoins réels et s’assurer que les infrastructures en cours de finition soutiendront efficacement l’émergence économique du Cameroun.