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J’ai suivi avec intérêt cette vidéo qui parle du nationalisme à l’ouest du Cameroun en reléguant le Haut-Nkam au second plan.

Peut-être que c’est vrai, mais il faudrait le prouver.
Il ne suffit pas d’aller lire sur Google et venir débiter au public.

1/ le premier mouvement syndical à l’ouest à été créé à Bafang en 1946, le SPP(Syndicat des Petits Planteurs). Il était affilié à l’USCC-CGT.
La lutte pour la vulgarisation de la cafeier-culture à l’ouest tire son essor de Bafang par le truchement de Jean Mbouendé, ensuite Dschang avec Djoumessi Mathias et Tétanfack Laurent.

2/ le premier comité central de l’upc en pays bamiléké est implanté à Banka en juin 1948. Le siège est chez Jean Mbouendé et le secrétaire, coopté par le comité directeur auprès de ce comité s’appelait Njonko Tagne Samuel, originaire de Baham, disparu lors des évènements de mai 1955

3/ le comité central de Bafang est celui qui finançait le plus l’upc. Il a contribué à hauteur de 4 million de francs Métropolitain le premier voyage de Ruben Um Nyobé aux Nations Unies en faisant les souscriptions auprès des militants qui étaient pour la plupart les paysans.
Même refugié dans ses plantations à Kekem après les évènements de mai 1955, Jean Mbouendé continuait à collecter les souscriptions aux Paysans qu’il allait à pieds remettre à Moumié à Kumba contre reçus.
Le dernier de ses trois voyages est effectué en février 1956 pour une réunion du comité directeur où il était toujours accesseur au bureau.

4/ Bafang avait un leader nationaliste qui militait pour la force de l’argument et non l’argument de la force.
C’est pourquoi en 1960, après l’indépendance, il a compris ce que Monseigneur Ndogmo et Ouandié comprendront 10 ans plus tard. Il a pacifié le Haut-Nkam, épargnant le Haut-Nkam de morts supplémentaires.

5/ le terrorisme commence à l’ouest en 1956. Et il convient ici de séparer le bon grain de l’ivraie.
Si les nationalistes ont adopté plusieurs tendances après l’interdiction de l’upc en 1955, avec l’aile dure conduite par Ouandié, Moumié et Kingué, prêts à tout pour avoir l’indépendance et l’aile qui privilégiait la négociation, tenant compte du rapport de force, conduite par le Mpodol Um Nyobé et dont Jean Mbouendé faisait partie, IL Y’AVAIT AUSSI DE PSEUDO-NATIONALISTES, CRÉATION DU POUVOIR COLONIAL, QUI ÉTAIENT INFILTRÉS DANS LE MOUVEMENT NATIONALISTE POUR ENTREPRENDRE DES EXACTIONS ET CRIMES DANS L’OPTIQUE DE NOIRCIR L’UPC ET SES HOMMES.

Djoumessi Mathias, ancien membre de l’upc, Kemadjou Daniel, Njiné Michel avaient créé par exemple le parti des PAYSANS INDEPENDANTS après la dissolution de l’Upc. Ceci était fait à dessein, rallier les paysans qui étaient la base de l’upc.

Si Ouandié dans sa lutte armée œuvrait à sa manière pour la vraie indépendance, ceux que je viens de citer étaient plutôt des opportunistes, travaillant pour leur intérêt personnel et celui du pouvoir.

Pour rallier facilement les masses, le parti des Paysans Independants reprenait le cible de l’upc. Et pour faire diversion, ils faisaient appeler Union des Paysans du Cameroun.
Leur mission, saboter la vraie Upc
Voilà la naissance du terrorisme à l’ouest en 1956.
Momo Paul, Singap Martin étaient plutôt de cette race de nationalistes anti-independantistes, contrairement à Ouandié qui luttait pour la bonne cause.

Kamdem Neyim fait partie de cette catégorie de « nationaliste nationaliticide ».

Je souhaite que l’intervenant dans cette vidéo ne soit pas entrain de dire que Baham n’avait que ce genre de militant.

Clément W.MBOUENDEU