GUERRE USA-ISRAËL # IRAN:

Le monde au bord de l’asphyxie énergétique

L’économie mondiale vient d’entrer dans une zone de turbulences extrêmes. Dans une déclaration diffusée, il y’a quelques minutes, ce mardi 3 mars 2026, le Président français Emmanuel Macron a acté ce que les marchés redoutaient : le détroit d’Ormuz est « de fait » fermé. Face à cette paralysie des artères vitales du commerce mondial, le chef de l’État préconise désormais la création d’une coalition internationale de forces pour escorter militairement les navires. Cette mesure d’urgence vise à contrer les effets dévastateurs du conflit entre le bloc USA-Israël et l’Iran, qui fait peser une menace de pénurie réelle et de flambée des prix sans précédent.Et l’Afrique dans tout ça….

Par Prince Aristide NGUEUKAM

 

« Nous avons des intérêts économiques à préserver », a martelé Emmanuel Macron, rappelant que 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial transitent par Ormuz. Cette sortie présidentielle est un signal d’alarme : sans une sécurisation immédiate des voies maritimes, le conflit au Moyen-Orient deviendra le premier risque de récession globale pour 2026.

Le pétrole et le gaz comme armes de guerre

Depuis le déclenchement des hostilités contre les sites stratégiques iraniens, la psychose s’est emparée des salles de marché. Le baril de Brent a déjà franchi le cap des 85 dollars, bondissant de plus de 15 % en quelques jours. Si l’obstruction d’Ormuz perdure, les analystes prédisent un baril pouvant pulvériser le record historique de 147 dollars.
Le gaz naturel suit cette courbe folle avec un bond de 20 % en 24 heures. La rareté n’est plus une hypothèse : plus de 150 pétroliers et méthaniers sont actuellement à l’ancre, bloqués par l’impossibilité d’être assurés pour traverser une zone devenue un véritable champ de bataille naval.

Points de passage stratégiques du Moyen-Orient : un verrou maritime où transitent 20 % du pétrole et du gaz mondial

L’illusion des escortes : Une sécurité impossible à 100 % ?

L’annonce par Emmanuel Macron d’une coalition pour escorter les bateaux, incluant des moyens lourds comme le porte-avions Charles de Gaulle, se heurte à la réalité d’une guerre asymétrique. Dans ce contexte de haute tension entre les USA, Israël et l’Iran, l’efficacité d’une protection militaire reste précaire.
L’expérience des dernières heures montre que même une flotte ultramoderne peine à contrer simultanément les essaims de drones kamikazes, les missiles balistiques antinavires et les mines sous-marines. Tant que l’escalade militaire se poursuit, aucune escorte ne pourra garantir une sécurité totale. Les assureurs maritimes, prudents, suspendent massivement leurs couvertures, rendant le trafic commercial pratiquement impossible, malgré la présence de bâtiments de guerre.

Un séisme économique global

Le détournement des navires par le Cap de Bonne-Espérance augmente les tarifs de fret de plus de 30 %. Pour le consommateur, cela signifie une nouvelle vague d’inflation violente sur l’énergie, les produits manufacturés et l’alimentation. Certains pays du Golfe (Irak, Koweït, Qatar) se retrouvent totalement isolés, privés de routes terrestres pour exporter leurs hydrocarbures.
En somme, l’initiative française d’une coalition d’escorte est une réponse de survie économique, mais elle ressemble à un pansement sur une plaie ouverte. Comme l’indique la situation à ce jour, le succès de cette mission dépendra moins de la force militaire que de la capacité diplomatique à obtenir un cessez-le-feu. Sans une désescalade entre Téhéran et ses adversaires, les voies maritimes resteront le théâtre d’une asphyxie lente de l’économie mondiale.

FOCUS/ L’AFRIQUE AU CŒUR DE LA TOURMENTE : LE PARADOXE DU BARIL CHER

Pour l’Afrique, et plus particulièrement la zone CEMAC, la crise du détroit d’Ormuz agit comme un poison lent derrière un écran de fumée. Si la hausse du prix du baril au-delà de 90 dollars gonfle artificiellement les recettes budgétaires des pays producteurs comme le Cameroun ou le Gabon, elle déclenche simultanément une mécanique inflationniste dévastatrice.
Le continent, qui souffre d’un déficit chronique de raffinage, se retrouve contraint d’importer ses carburants à des prix prohibitifs. L’explosion des coûts du fret maritime, renchéri par le chaos logistique mondial, alourdit la facture énergétique des États qui doivent désormais choisir entre creuser leurs déficits pour subventionner la pompe ou risquer des tensions sociales majeures en répercutant la hausse sur les populations.
Au-delà du carburant, c’est toute la chaîne alimentaire qui est menacée par la flambée du prix des engrais et du transport des denrées de base. Sans une sécurisation rapide des convois internationaux, l’Afrique pourrait subir une inflation importée hors de contrôle, transformant les tensions géopolitiques du Golfe en une crise humanitaire et sociale sur le sol africain.