ROBERT SIMO KENGNE :

« Dès le 20 juin, et pour une durée de deux mois, près de 900 000 actes de naissance seront collectés et indexés ; ils feront ensuite l’objet d’une vérification de conformité afin que les enfants dont les actes s’avèrent faux soient retirés du système de paiement des allocations familiales. »

Dans le cadre de la modernisation des finances publiques et de l’assainissement du fichier solde de l’État — processus lancé par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, le 3 juin 2026 à Yaoundé —, l’on s’achemine vers un grand ménage dans le système des allocations familiales. Dès le 20 juin prochain, le ministère lancera une vaste opération de collecte et d’audit visant près de 900 000 actes de naissance d’enfants d’agents publics. Sur FORUM LIBRE, Robert Simo Kengne, Directeur de la Dépense du Personnel et des Pensions, détaille le chronogramme de cette réforme capitale : une traque méthodique contre les faux documents, qui intègre toutefois un droit au recours pour préserver les usagers de bonne foi. Lisez…

« Qu’est-ce qui va changer et comment vont se dérouler les deux prochaines années ? Selon le chronogramme qui a été établi, nous allons procéder à une phase de collecte au cours des 24 prochains mois.
Dès le 20 juin, et pour une durée de deux mois (jusqu’au 15 août), nous collecterons les actes de naissance sur la base desquels les agents publics perçoivent des allocations familiales. Au total, ce sont près de 900 000 actes de naissance qui seront ainsi recueillis, saisis et indexés dans un environnement numérique dédié. Ce traitement permettra d’identifier et d’écarter le paiement des allocations pour les enfants ne disposant d’aucun justificatif valable.
Dans un second temps, les actes collectés feront l’objet d’une vérification de conformité. En collaboration avec le Bureau National de l’État Civil (BUNEC), nous irons directement dans les centres d’état civil pour authentifier ces documents et distinguer le vrai du faux. À l’issue de cette authentification, les enfants dont les actes s’avèrent faux seront définitivement retirés du système.
Toutefois, dans un esprit de transparence et de collaboration — même face aux risques de fraude —, une longue période de recours sera ouverte. Elle permettra aux personnes dont les allocations auront été supprimées, et qui estiment qu’il s’agit d’une erreur, de présenter leurs justificatifs. Ce principe du contradictoire est essentiel pour corriger d’éventuels torts et éviter des procédures judiciaires inutiles qui surviendraient si ce droit au recours n’était pas garanti. »