SASSOU N’GUESSO FACE À LA JEUNESSE:
Le Pari de la Transition et de l’Entrepreneuriat

Dans le cadre de la sixième étape de son périple de campagne, le candidat Denis Sassou-Nguesso a marqué un arrêt majeur, le 3 mars 2026 à Kinkala dans le département du Pool. Loin de la ferveur habituelle des grands meetings, c’est dans l’intimité d’une « rencontre citoyenne » que le président-candidat a choisi d’échanger avec les forces vives de demain. Un dialogue sans filtre, placé sous le signe de la transmission générationnelle et de l’autonomisation économique.
Par Prince Aristide NGUEUKAM
La rencontre, initiée par le Conseil Consultatif de la Jeunesse (CCJ), a débuté par un état des lieux sans complaisance mais porteur d’espoir.
L’énergie de la relève : les chiffres du renouveau
Prenant la parole, Prince Michrist Kaba Mboko, Secrétaire du Conseil Consultatif de la Jeunesse Congolaise (CCJ), a tenu à rappeler les avancées concrètes de ces dernières années.
« Vous avez simplifié la création d’entreprises pour les jeunes de moins de 40 ans à seulement 25 000 francs CFA », a-t-il souligné. Les résultats sont là : entre 2021 et 2025, le nombre de créations d’entreprises est passé de 2 900 à près de 7 000 par an. Fait marquant, 70 % de ces nouvelles structures sont portées par des jeunes. Pour le représentant du CCJ, c’est la preuve que « l’année de la jeunesse » décrétée en 2024 a porté ses fruits, transformant l’énergie juvénile en moteur de croissance.

Le miroir de l’histoire : « Nous avions 17 ans »
Visiblement ému par cette prise de conscience, Denis Sassou-Nguesso a répondu en puisant dans ses propres souvenirs. Il a rappelé qu’à 17 ans, au sein de l’Association Scolaire du Congo (ASCO), il s’engageait déjà pour l’avenir du pays sous l’ère coloniale. Évoquant les réseaux de l’époque — de l’Association des Étudiants Congolais (AEC) à la Fédération des étudiants d’Afrique Noire en France(FEANF) — il a tracé un pont historique entre la génération des indépendances et celle de l’émergence.
« Je suis heureux de voir votre génération en train de prendre conscience de l’avenir du pays. Cela me rassure », a confié le candidat. Pour lui, la politique n’est pas une question d’âge, mais d’engagement précoce et de vision.
La vérité des chiffres face aux critiques
Plus tard, face à la presse nationale et internationale, le candidat a abordé les questions plus sensibles liées à la pauvreté et à la gestion des ressources. Avec franchise, il a réfuté les accusations de gaspillage, justifiant les investissements réalisés depuis l’indépendance.
« On ne peut pas dire que les moyens abondent et qu’ils seraient gaspillés. Non. Ils ont servi à ramener le pays à son niveau actuel », a-t-il martelé. Pour Denis Sassou-Nguesso, le développement est une construction continue. Le travail actuel consiste à « préparer les conditions » pour que la jeunesse puisse prendre les rênes d’un pays structurellement plus solide qu’en 1960.

Un passage de témoin annoncé
Le message de Kinkala est clair : le pouvoir n’est pas une fin en soi, mais un outil de préparation. « Nous ne resterons pas une éternité au pouvoir, leur tour viendra », a-t-il déclaré avec une solennité remarquée. Mais ce passage de témoin est conditionné par une exigence : la formation et le goût de l’effort.
En quittant Kinkala, le candidat laisse derrière lui une jeunesse qui semble avoir compris que la destinée du Congo ne se jouera pas seulement dans les urnes, mais dans les centres de formation et les incubateurs d’entreprises.
