FIASCO À LA DOUANE DE KOUSSÉRI : QUAND UNE FAUSSE ALERTE AU MÉTHANOL TOURNE AU LYNCHAGE NUMÉRIQUE

Un camion intercepté en provenance du Nigeria a fait l’objet d’une fausse déclaration aberrante de la Brigade Commerciale de Kousséri. Contrairement à l’annonce officielle de la douane camerounaise évoquant la saisie de 4 tonnes de méthanol, les investigations révèlent qu’il s’agit d’une simple cargaison d’eau de parfum en transit. Cette précipitation numérique entache gravement la réputation d’un élu local totalement étranger à l’affaire et suscite la colère des opérateurs économiques.
À la suite d’une saisie faite, le 1 juin 2026 à Kousseri , par les gabelous, la page Facebook officielle de la douane camerounaise s’enflammait, le 6 juin 2026, pour un coup de filet prétendument historique. La Brigade Commerciale de Kousséri annonçait avec fracas la saisie majeure de 4 tonnes de méthanol – un produit chimique hautement toxique – à bord d’un camion semi-remorque en provenance du Nigeria via Fotokol. Pris d’une fâcheuse frénésie médiatique et d’un excès de zèle manifeste, les agents ont immédiatement jeté en pâture le nom de M. Barka Abouya et de la société SITRASER SARL, désignés sans sommation comme les propriétaires de cette cargaison illicite. Une mise au pilori publique et précipitée qui s’avère être, après vérification, un monumental fiasco.
Du produit toxique à l’eau de parfum : l’incroyable méprise
Une enquête minutieuse menée sur le terrain est venue balayer les certitudes des gabelous : l’information officielle est totalement erronée. Le liquide suspecté n’est en rien du méthanol, mais une banale cargaison d’eau de parfum, un produit cosmétique de grande consommation très prisé sur les marchés de Kousséri et du Tchad voisin. Plus grave encore, ce flux logistique standard, opéré en transit international vers N’Djamena par un transitaire professionnel agréé, n’a strictement aucun lien avec M. Barka Abouya. L’élu local – conseiller municipal respecté, président de section RDPC Logone-et-Chari Centre-Est et figure du football départemental – n’a jamais mis les pieds au Nigeria pour cette opération. Sa réputation se retrouve lourdement entachée par une bévue administrative caractérisée, alors qu’il est totalement étranger à l’affaire.
Haro sur le lynchage numérique et le zèle policier
Cette fâcheuse affaire met en lumière la légèreté procédurale d’une brigade prompte à condamner sur les réseaux sociaux avant même d’avoir cerné les contours du dossier. En violant le principe élémentaire de présomption d’innocence et en s’affranchissant des règles déontologiques qui interdisent la divulgation de noms avant l’issue des enquêtes, la douane de Kousséri s’est pris les pieds dans le tapis. Alors que les plaintes de transitaires s’accumulent dans les couloirs du commerce transfrontalier contre les méthodes de cette unité, les regards se tournent désormais vers le Chef Secteur des douanes de l’Extrême-Nord. Connu pour sa rigueur et son sens du dialogue, il est vivement interpellé pour remettre de l’ordre, car de telles erreurs d’appréciation nuisent gravement au climat des affaires et à la résilience économique du Cameroun.
