PARTENARIAT CAMWATER-HCR:
Alliance pour sécuriser l’accès à l’eau potable des réfugiés et des communautés hôtes

Face à la pression démographique croissante et aux défis climatiques qui pèsent sur les ressources hydriques du septentrion camerounais, la Cameroon Water Utilities (CAMWATER) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) passent à la vitesse supérieure. Les deux entités , représentés par Blaise Moussa (DG Camwater) et Yvette MUHIMPUNDU( Représente du Hcr au Cameroun) ont officialisé ce mardi 30 juin 2026 à Yaoundé la signature d’une convention de partenariat d’envergure. L’objectif est double : moderniser les infrastructures hydrauliques et garantir un approvisionnement pérenne en eau potable pour les réfugiés ainsi que pour les populations locales qui les accueillent.
Par Prince Aristide NGUEUKAM
Si l’accord global vise à harmoniser la gestion de l’eau dans les zones à forte concentration de déplacés, la région de l’Extrême-Nord, et plus spécifiquement la zone périphérique du camp de Minawao, cristallise toutes les attentions.
L’Extrême-Nord et le défi du camp de Minawao au cœur du dispositif
Ce camp, qui abrite des dizaines de milliers de réfugiés ayant fui les exactions de l’autre côté de la frontière, subit un stress hydrique chronique qui alimente parfois les tensions de voisinage avec les communautés autochtones.
La nouvelle feuille de route s’intègre directement dans le projet pilote intitulé « Solutions alternatives au Camp de Minawao ». Ce programme d’envergure bénéficie d’une solide assise internationale grâce aux appuis financiers et techniques de l’Union européenne (UE) et de la Coopération allemande (GIZ), qui interviennent aux côtés du HCR et de l’État camerounais pour transformer durablement la gouvernance locale de l’eau.
Un partage d’expertises pour un impact durable
Dans le déploiement de cette feuille de route, la CAMWATER se positionne comme le maître d’œuvre technique de l’opération. L’entreprise publique camerounaise mobilisera ses ingénieurs et techniciens afin de piloter l’ensemble de la phase opérationnelle. Elle prendra ainsi en charge l’intégralité de la conception, de la construction et de la supervision technique des infrastructures planifiées, qui incluent des forages industriels, des stations de pompage ainsi que l’extension des réseaux d’adduction d’eau.
De son côté, le HCR agira comme un bouclier social et logistique sur le terrain. En coordination étroite avec les autorités territoriales, l’agence onusienne concentrera ses efforts sur la protection des droits des bénéficiaires et l’inclusion des populations. Son rôle sera de renforcer la résilience communautaire pour s’assurer que la distribution de cette ressource vitale devienne un véritable vecteur de cohésion et de stabilité.
Réduire la pression démographique et stabiliser la région
Lors de leurs allocutions respectives, les deux dirigeants ont mis en exergue le caractère hautement stratégique de cette alliance. L’afflux continu de populations vulnérables dans des zones déjà fragiles crée un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande en eau. En mutualisant leurs efforts, la CAMWATER et le HCR espèrent non seulement rehausser les standards de vie minimums dans les camps, mais également soulager les services publics locaux des communes hôtes, souvent asphyxiés.
Pour la CAMWATER, cette initiative s’inscrit en droite ligne avec son plan de service public et ses engagements vis-à-vis des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies, notamment l’ODD 6 garantissant l’accès universel à l’eau et à l’assainissement. En transformant la gestion de l’urgence humanitaire en investissement structurel de développement, le Cameroun et ses partenaires internationaux posent les jalons d’une stabilisation durable de sa zone septentrionale.
