FORMATION EN JOURNALISME :

Le groupe Le Quotidien met en valeur 16 étudiants en fin de stage

Photos de famille. Les étudiants en journalisme brandissent leurs attestations de fin de stage

Placée sous le parrainage d’El Hadj Oumarou, président du conseil éditorial, la cérémonie de clôture du stage académique de seize étudiants en journalisme du groupe de presse Le Quotidien, fondé par Jules Brice Ngaba, s’est tenue le 14 août 2026 à son siège à Yaoundé. Entre appels à la professionnalisation, défis économiques de la presse et modernisation des outils de formation, l’événement a mis en lumière la transmission intergénérationnelle au cœur du métier d’informer.

Par Prince Aristide NGUEUKAM 

 

Une ambiance solennelle et chaleureuse régnait ce jour-là. La cérémonie de fin de stage a réuni, le 14 août dernier, patrons de presse, enseignants, responsables de communication, partenaires institutionnels et parents venus célébrer l’immersion professionnelle de ces 16 étudiants issus de l’École Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC) et de l’Institut Universitaire Siantou (IUS).

Un plaidoyer vibrant pour la formation initiale

Ouvrant la série des allocutions, Jules Brice Ngaba, Directeur de Publication et fondateur du groupe Le Quotidien, a rappelé la genèse et l’esprit de cette tradition : « Au début, il y a six ans, nous avons accueilli 13 étudiants. Cette année, ils étaient 16. La présente manifestation est organisée pour répondre à tous ceux qui s’improvisent journalistes sans en avoir la formation », a-t-il affirmé d’emblée. Face à la prolifération des contenus non vérifiés sur les plateformes numériques telles que WhatsApp, Facebook ou TikTok, le patron de presse a tenu à poser une frontière claire : bien que la création de contenu attire, le journalisme reste un métier exigeant qui s’apprend sur les bancs des écoles et au sein des rédactions.

El Hadj Oumarou, président du conseil editorial du groupe Le Quotidien, Parrain des stagiaires

Pionnier dans l’institutionnalisation de ces cérémonies de reddition de comptes au sein des médias privés locaux, Jules Brice Ngaba a salué l’effort des familles : « Je tiens à le redire haut et fort : le journalisme s’apprend, et il s’apprend à l’école. Je vous demande d’applaudir les parents qui envoient leurs enfants se former. » Il a également insisté sur la pédagogie appliquée durant ces deux mois : loin d’un simple stage d’observation passive, les apprenants ont été envoyés directement sur le terrain pour se confronter aux réalités du métier de rédacteur.

Jules Brice Ngaba, Directeur de Publication du groupe Le Quotidien

« Nous estimons qu’en matière de rédaction et de pratique, l’observation seule ne suffit pas », a-t-il martelé, affichant son ambition de voir émerger parmi cette promotion les grands noms de la presse camerounaise de demain.

Des modèles économiques à réinventer

Pour Léger Ntiga, encadreur professionnel des stagiaires, il est important de recentrer le débat sur la réalité économique et le cadre d’exercice du métier. S’exprimant sur le thème du « journalisme de demain », il a soulevé les inquiétudes légitimes quant à l’avenir de ces jeunes professionnels. « Aujourd’hui, la nouvelle économie des médias se dessine et exige impérativement de nouveaux modèles économiques. Pourtant, dans un environnement comme le nôtre, les entreprises de presse sont de plus en plus précarisées », a-t-il déploré.

Intervention de Léger Ntiga, encadreur professionnel. Un moment fort d’échange et de partage d’expérience

Analysant la complexification du paysage médiatique, Léger Ntiga a pointé du doigt la concurrence déloyale des cyber-activistes, blogueurs et  «influenceurs » qui fragilisent l’écosystème de l’information certifiée. Il a rappelé que les entreprises de presse formelles supportent des charges fiscales et légales lourdes tout en bénéficiant de très peu d’accompagnement public. Face au coût du papier et à la faillite du principal distributeur local, le groupe Le Quotidien a dû adapter son modèle en opérant un virage vers la distribution électronique. L’encadreur a ainsi lancé un appel aux éditeurs, chefs d’entreprise et pouvoirs publics pour bâtir des modèles économiques viables capables d’offrir des emplois durables à la jeunesse formée.

Gratitude des stagiaires et rigueur académique

Au nom de la promotion, Ouda Adile Nzie, la porte-parole des stagiaires a exprimé une profonde gratitude envers la direction du groupe de presse et l’équipe d’encadrement. Saluant en Jules Brice Ngaba un « véritable père et un guide », les étudiants ont également remercié Léger Ntiga pour les avoir transmis les rouages de l’écriture journalistique, la posture professionnelle et l’humilité indispensable à la profession. Des remerciements appuyés ont aussi été adressés au Rédacteur en chef, Germain Willy Abena Essomba, pour sa patience pédagogique ainsi qu’à la secrétaire, Madame Nathie Dang, pour son accompagnement quotidien.

Discours de Ouda Adile Nzie, Porte parole des stagiaires.

L’Institut Universitaire Siantou, partenaire clé de cette immersion, s’est également exprimé par la voix du responsable de son unité de formation en journalisme et communication, Benjamin Nyoum.

Saluant l’engagement de la rédaction, l’enseignant a rappelé aux étudiants la noblesse et l’exigence de leur vocation : « Ne venez pas vers ce métier en aventuriers ou simplement pour faire plaisir à vos parents. Venez-y avec cœur et passion pour donner le meilleur de vous-mêmes […] Vous devez devenir des encyclopédies vivantes. » Benjamin Nyoum a profité de l’occasion pour exiger un retour aux fondamentaux linguistiques chez les étudiants et annoncer la modernisation des infrastructures de l’établissement, notamment la rénovation complète de leur studio technique qui sera opérationnel dès la rentrée de septembre.

Remise de l’attestation de fin de stage à une étudiante par Prince Aristide NGUEUKAM, Directeur de Publication du journal FORUM LIBRE

Immersion pratique et perspectives d’avenir

La cérémonie a été marquée par des séquences pratiques illustrant le travail accompli par la jeune promotion. Les invités ont pu visionner un grand reportage de 14 minutes retraçant le quotidien des stagiaires au sein de la rédaction durant leurs deux mois de formation. Dans la foulée, les étudiants ont effectué un exercice de revue de presse à partir des journaux qu’ils ont eux-mêmes conçus et rédigés de bout en bout.

M. Mevoungou, représentant du président du conseil éditorial du groupe Le Quotidien, remettant les attestations

L’événement s’est achevé par la remise solennelle des attestations de fin de stage aux seize récipiendaires, sous les applaudissements des proches et des professionnels du secteur.

Fondé il y a plus de 25 ans par Jules Brice Ngaba, le groupe Le Quotidien s’est imposé comme un acteur majeur du paysage médiatique camerounais, abritant plusieurs titres spécialisés et généraux tels que Le Pélican, Le Quotidien, Projection, Afrique Hebdo, Les Nouvelles du Cameroun, Perspectives d’Afrique, infos Sport, Santé Actu ; Est-Échos ; Échos du Nord-Cameroun.

Toujours guidé par une volonté d’innovation, le groupe prépare désormais une nouvelle étape de son expansion avec le lancement prochain d’une station de radio et d’une Web TV.