RÉPUBLIQUE DU CONGO :
SASSOU-N’GUESSO, LE PARI DE L’ACCÉLÉRATION

Le Président Dénis Sassou N’guesso prête serment le 16 avril 2026 au stade de l’unité de Kintele-Brazaville

Sous un soleil de plomb, au cœur d’un stade de l’Unité de Kintélé archicomble, le Président Denis Sassou Nguesso a prêté serment hier, 16 avril 2026. Entre ferveur populaire et présence diplomatique de haut rang, le « Président de tous les Congolais » a tracé les sillons d’un quinquennat placé sous le signe de l’offensive économique et de la rupture avec l’inertie.

Par Prince Aristide NGUEUKAM

L’air était presque irrespirable hier après-midi au complexe sportif de Kintélé, mais la chaleur climatique n’a en rien entamé la ferveur politique. Dans un stade de l’Unité plein à craquer, où les couleurs nationales flottaient sous un soleil de canicule, Denis Sassou Nguesso a officiellement entamé son nouveau quinquennat. Un moment de solennité rehaussé par la présence d’une dizaine de ses pairs africains, venus saluer celui qui s’affirme plus que jamais comme le « sage » de la sous-région.Revue des troupes

Le sacre de la stabilité

Fort d’une victoire sans équivoque le 15 mars dernier (94,90 % des voix), le chef de l’État a transformé cette cérémonie d’investiture en un pacte de confiance renouvelé. Loin de l’autosatisfaction, son allocution a d’emblée posé un diagnostic de responsabilité. Pour celui qui se définit désormais comme le « Président de tous les Congolais », l’élection appartient déjà au passé ; place désormais à « l’accélération de la marche ». Un slogan qui n’est pas qu’une formule, mais le pivot d’un projet de société visant à rompre avec les lenteurs administratives et économiques.

Discours du Président Dénis Sassou N’guesso

L’offensive des grands travaux

Le clou du discours a sans doute été la vision du Congo comme carrefour logistique de l’Afrique. Denis Sassou Nguesso a été clair : le quinquennat 2026-2031 sera celui des infrastructures structurantes. Le lancement imminent du chantier du Pont Route-Rail Brazzaville-Kinshasa et la modernisation du Chemin de Fer Congo-Océan (CFCO) ont été accueillis par des salves d’applaudissements.
L’enjeu ? Faire du pays le cœur battant de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF). Avec le corridor de développement n°13 et la montée en puissance des Zones Économiques Spéciales (ZES), Brazzaville ne cache plus son ambition : devenir le hub commercial incontournable entre l’Atlantique et l’hinterland africain.

Stade archicomble

Le défi social : Électricité pour tous et Pacte générationnel

Le Président n’a pas éludé les préoccupations du quotidien. À travers la « Mission 300 », il s’est engagé à un véritable tour de force énergétique : fournir de l’électricité à plus de la moitié de la population d’ici 2030. Un défi couplé à une stratégie d’accès à l’eau potable par captage souterrain dans les zones les plus reculées.
Mais c’est vers la jeunesse que le regard s’est fait le plus insistant. Prônant un « leadership transformationnel », Denis Sassou Nguesso a appelé à un contrat de génération : l’énergie créatrice des jeunes alliée à la sagesse des anciens. Un message doublé d’un engagement ferme envers les femmes, dont il a promis de traduire les aspirations de justice sociale et d’égalité des chances en politiques publiques concrètes.

Le leadership vert et l’horizon 2050

Enfin, l’homme de la « Décennie mondiale du reboisement » (2027-2036) a porté une voix panafricaine vibrante. Évoquant une Afrique qui comptera 2,5 milliards d’âmes en 2050, il a exhorté le continent à sortir de l’autarcie et à embrasser un panafricanisme économique pragmatique.

Les félicitations du président de la RCA, Faustin Archange Touadéra

« Allons de l’avant avec encore plus d’audace », a conclu le chef de l’État alors que le soleil commençait à décliner sur le fleuve Congo. Si l’investiture a été une fête de la démocratie, le plus dur commence maintenant : transformer les paroles de Kintélé en réalités tangibles pour les 5,5 millions de Congolais.