SANTÉ DU PRÉSIDENT PAUL BIYA : Cathy Meba, sa nièce, livre les secrets de longévité du chef de l’État camerounais

Cathy Meba, nièce du président Paul Biya et conseiller régional du Sud, présente à l’anniversaire de son frère Junior Biya à l’hôtel intercontinental de Genève.

Depuis quelques jours, la toile s’enflamme. Entre les rumeurs persistantes d’une hospitalisation critique du Chef de l’État à Genève et une vidéo virale où Junior Biya est interpellé sous le titre de « Monsieur le Président », les théories les plus folles circulent. Info, intox ou manipulation par l’Intelligence Artificielle ?
Pour démêler le vrai du faux, Cathy Meba, nièce du président Paul Biya(fille de son frère cadet Pierre Meba) , a accordé une interview exclusive à Simon Metsengue afin de rétablir la vérité. Sans langue de bois, elle répond à la déferlante médiatique et livre des détails inédits sur les coulisses du clan présidentiel.

Simon Metsengue : C’est un véritable bonheur de voir ces images de famille ! Des vidéos récentes circulent sur la toile et vous montrent rayonnante en Occident, aux côtés de la Première Dame, Madame Chantal Biya. Alors, dites-nous tout : est-ce le reflet de vraies et chaleureuses retrouvailles, ou faut-il y voir un énième tour de passe-passe de l’Intelligence Artificielle ?

Cathy Meba :Elles sont on ne peut plus réelles ! Sachant que nous n’avons rien à cacher, je les ai partagées moi-même sur mes propres réseaux il y a quelques jours. Nous étions réunis pour l’anniversaire de mon petit frère Junior Biya — le mot « cousin » n’existe pas dans notre famille.
Il est vrai que nous ne nous étions pas vus depuis un certain temps. C’est normal, Junior est un brillant jeune homme qui a décidé de vivre en toute discrétion, loin de toute cette visibilité qui a tendance à être néfaste. L’ambiance était donc particulièrement festive et chaleureuse.
Notre tante (Chantal Biya) est très complice avec nous tous. Particulièrement depuis le décès de ma mère, elle est un peu notre pilier, celle qui veille sur nous. C’est dans ce climat de joyeuse complicité que nous nous sommes filmées, et l’idée m’est venue tout naturellement de poster ces images. En fin de compte, nous n’avons rien à cacher. Visiblement, nous n’avons pas été les seules à apprécier ce moment au vu de l’ampleur que cela a pris ! Je vous laisse seul juge de cette belle ambiance.

Ambiance festive de la famille présidentielle à Genève à l’occasion de la célébration du 31e anniversaire de naissance de Junior Biya.

Justement, dans ces vidéos, un détail a fait bondir les internautes et suscite une curiosité folle ! Vous interpellez Junior Biya en l’appelant carrément « Monsieur le Président ». Mais dites-nous, quel est le projet secret derrière ce titre ?

(Rires) Ah, c’est une excellente question ! Oui, nous l’appelons tous ainsi dans l’intimité familiale. C’est en réalité une tradition culturelle très ancrée chez les Ekang. Chez nous, il est d’usage d’appeler l’homonyme d’une personne par la fonction ou le titre du parent dont il porte le nom. Junior étant l’homonyme de son père, le président de la République, nous l’appelons affectueusement « Monsieur le Président ». Si le parent homonyme avait été dans l’armée, on l’aurait certainement appelé « Commandant » ou « Colonel ».
Ce n’est pas une exception : dans toutes les familles africaines, il y a ces petits sobriquets : « petit-père », « Fara », « petite madame »… On les attribue aux enfants pour honorer un grand-parent, un oncle ou même le prêtre de la famille. Je m’amuse de voir que cela a suffi à enflammer la toile, comme si j’avais désormais le pouvoir de nommer les dirigeants du pays ! Nous sommes dans une république et non dans une foire (rires).

Coupure du gâteau d’anniversaire par le très discret,Junior Biya.

Au-delà de la fête, une vive inquiétude agite l’opinion. On s’étonne de vous voir célébrer cet anniversaire alors que, selon plusieurs sources persistantes, votre oncle, le président Paul Biya, serait gravement malade et hospitalisé dans une clinique privée de la capitale helvétique. Comment concilier ces deux réalités ?

(D’un ton sérieux et posé) C’est le côté agaçant de la chose, et cela dure depuis des années avec certains de nos compatriotes. À chaque voyage du Chef de l’État, la toile est inondée de rumeurs le disant au plus mal. Quoi que disent le Cabinet Civil ou le gouvernement, certains « lanceurs d’alerte » s’obstinent à inventer des scénarios sortis tout droit de leur imagination.
Pour répondre à votre question : pensez-vous sincèrement que Junior aurait le cœur à faire la fête si son père se trouvait dans l’état critique que certains décrivent ? Je vous rassure, le président Paul Biya est en excellente santé. Et il n’est en aucun cas hospitalisé nulle part.
Il aurait pu nous rejoindre directement dans le hall de l’hôtel, mais il a préféré rester dans sa suite avec son petit frère (Pierre Meba), comme toujours absorbé par ses dossiers. Ils ont pu longuement échanger, ce qui est rare vu la charge présidentielle qui l’occupe à plein temps. Pour la petite histoire, le « Papa » (Junior Biya) était déjà là bien avant l’arrivée du couple présidentiel en Occident. Cet anniversaire était donc l’occasion idéale pour se retrouver.
À la fin de la cérémonie, qui a été très brève, nous l’avons rejoint. J’en ai profité pour le taquiner sur sa vue, car imaginez-vous que le Président lit toujours sans lunettes ! J’en étais la première émerveillée. Quant à son secret de longévité, toute la famille vous le dira : leur boisson préférée, c’est l’eau. Alors, Monsieur Metsengue, soyez rassuré : le président Paul Biya se porte à merveille.

La première dame Chantal Biya et son fils Junior Biya à l’hôtel intercontinental de Genève.

Mais alors, face à un tel tableau rassurant, qu’est-ce qui peut bien expliquer une telle déferlante de rumeurs alarmistes autour de la santé du Président à chacun de ses déplacements ?

C’est une question qu’il faudrait plutôt poser aux professionnels du mensonge virtuel, car je peine à trouver une logique rationnelle à un tel acharnement. Et ce n’est pas une première. Souvenez-vous, avant sa réélection, à son retour de Chine via l’Occident, l’opinion camerounaise avait été prise en otage par les mêmes personnes qui l’avaient carrément déclaré mort ! Aujourd’hui, les mêmes reviennent à la charge avec les mêmes fadaises.
C’est aux médias sérieux que je souhaite m’adresser aujourd’hui. Faites l’effort de vérifier et de collecter l’information à la source au lieu de courir après le buzz de la toile, qui ne se nourrit que de délation et de mensonges sur la vie du couple présidentiel. Si la presse cessait de servir de caisse de résonance à cette fumisterie, les citoyens ne consommeraient pas de telles inepties. S’il vous plaît, stoppez le relais de ces infox créées par des individus qui ont fait du mensonge leur fonds de commerce.

Instance de complicité entre Cathy Meba et Junior Biya

Autre rumeur incroyable qui secoue le pays : on raconte qu’un individu se serait introduit dans les locaux de la CRTV pour y déposer un faux décret de remaniement ministériel ! Étiez-vous au courant de cette histoire rocambolesque et, lors de vos échanges avec le Président, vous a-t-il semblé informé de la situation ?

Nous n’en avons pas discuté, car le Président ne mélange jamais les affaires d’État et les moments en famille. Comme vous, j’ai vu passer cette information sur les réseaux sociaux. En ce qui me concerne, tant qu’une source officielle et crédible ne valide pas une information, je la classe immédiatement au rayon des intox.
Cependant, soyez-en sûr : si un tel événement s’est réellement produit, le Président est au courant à la minute près. Rien ne lui échappe. C’est pourquoi j’exhorte une fois de plus les professionnels des médias de notre pays à faire preuve de discernement et à ne pas céder à la dictature du buzz.
Propos recueillis par Simon Metsengue (Source Camaroes.cm)