TRANSPORT ROUTIER DES MARCHANDISES/
GRÈVE GÉNÉRALE DU 24 AOÛT 2026 :
LE GOUVERNEMENT APPELLE À LA CONCERTATION…

Face à l’imminence d’une grève générale annoncée pour le lundi 24 août 2026, le gouvernement camerounais tente de désamorcer la crise. Le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, convie en urgence l’ensemble des syndicats du secteur routier ce dimanche 23 août à Yaoundé. Une initiative stratégique qui fait suite à une montée en puissance de la contestation, née des réunions successives du patronat et des employés, et qui intervient dans la foulée du retour au pays du président Paul Biya. Retour sur les revendications des transporteurs routiers qui accusent le gouvernement de vouloir tuer leurs activités professionnelles.
Par un communiqué radio-presse rendu public ce vendredi 21 août 2026 , le ministre des Transports invite formellement les présidents nationaux des syndicats des transports routiers à une réunion de concertation stratégique.

Une concertation dominicale pour éviter la paralysie économique
Prévue le dimanche 23 août 2026 à 13 heures précises dans la salle de conférences du ministère à Yaoundé, cette assise s’impose comme la négociation de l’ultime recours. Programmée à quelques heures seulement de l’échéance fixée par les grévistes, cette démarche montre la volonté du gouvernement d’éviter le blocage du pays. Selon diverses sources concordantes, l’accélération du calendrier gouvernemental est directement liée au retour à Yaoundé, jeudi dernier, du président de la République Paul Biya, soucieux d’éviter une crise aux répercussions nationales et sous-régionales.

D’une fronde patronale à l’union sacrée des travailleurs
L’invitation ministérielle fait suite à un engrenage revendicatif qui s’est structuré en deux temps forts :
* Le 5 août 2026 (L’initiative du patronat) : La plateforme des organisations socioprofessionnelles des transports routiers du Cameroun adresse un préavis de grève de 14 jours au Premier Ministre, Chef du Gouvernement. Les transporteurs y dénoncent l’inertie des pouvoirs publics face à la dégradation continue de leurs conditions d’exercice et accusent les autorités de tuer la profession, notamment via l’autorisation abusive du « transport pour compte propre » et l’immixtion du CNCC au cœur de la gestion des frets routiers.

* Le 19 août 2026 à Douala (L’entrée en scène des employés) : Réunis dans la capitale économique, les syndicats des travailleurs et chauffeurs du secteur franchissent un cap décisif. En apportant leur soutien au mot d’ordre patronal, ils décident de durcir le mouvement en annonçant une grève générale dès le lundi 24 août 2026 à 00h00 sur toute l’étendue du territoire national.
L’issue de la rencontre de ce dimanche 23 août s’avère cruciale : elle déterminera si le dialogue prévaudra ou si le Cameroun s’enfoncera, dès lundi à minuit, dans une paralysie routière aux conséquences désastreuses pour l’économie nationale et le ravitaillement de la sous-région.
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AU CŒUR DES REVENDICATIONS
Pour sortir de l’impasse lors de la concertation de ce dimanche, le gouvernement devra apporter des réponses concrètes aux doléances arrêtées par la plateforme syndicale.

Ce que le secteur rejette fermement :
* L’octroi abusif des licences de « transport pour compte propre », perçu comme une concurrence déloyale destructrice.
* L’ingérence du Conseil National des Chargeurs du Cameroun (CNCC) dans des activités logistiques aux intérêts divergents.
* Les contrôles jugés répressifs de la prévention routière du ministère des Transports.
* Le paiement des redevances de péage sur des axes routiers fortement dégradés.
* Le racket et les tracasseries administratives à répétition, particulièrement pesants dans les zones anglophones.
* Les pesées abusives et amendes arbitraires imposées aux camions-citernes dès le chargement.
Ce que les syndicats exigent :
* La limitation stricte des contrôles des camions en transit aux seuls check-points conventionnels agréés.
* Une rationalisation effective et un assainissement des contrôles routiers sur l’ensemble du territoire.
* L’application effective et l’extension de la Convention Collective Nationale des transports routiers à l’ensemble des salariés.
* L’amélioration urgente des conditions d’accueil des chauffeurs sur les grandes plateformes logistiques (SCDP, Port autonome de Douala, Port autonome de Kribi).

