FONDS BLEU DU BASSIN DU CONGO :
DÉJÀ 3 MILLIARDS DE DOLLARS MOBILISÉS POUR FINANCER 63 PROJETS…

Une vue des participants à la première table ronde du fonds bleu le 26 mai 2026 à Brazzaville.

Sous le haut patronage et le pilotage stratégique du président Denis Sassou-N’Guesso, chef de l’État congolais et président de la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC), la première table ronde des bailleurs de fonds s’est clôturée par un succès historique le 26 mai 2026 à Brazzaville. En marge des Assemblées annuelles de la BAD, cet événement majeur a permis de mobiliser 3 milliards de dollars en financements directs et un montant inédit de 7 000 milliards de dollars en garanties financières, une manne prioritairement destinée à soutenir et propulser les 63 projets prioritaires de la Commission. Ce tour de table marque le passage concret des promesses à l’action pour la préservation du deuxième poumon vert de la planète.

Par Prince Aristide NGUEUKAM

L’événement, d’une dimension géopolitique rare, s’est tenu sous les yeux du gotha régional et financier. Aux côtés du Chef de l’État congolais et président de la CCBC, M. Denis Sassou-N’Guesso, figuraient notamment les présidents de la République centrafricaine (RCA) et du Gabon, ainsi que les présidents de la BAD et de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), entourés d’une multitude de partenaires techniques et de donateurs internationaux.

Le Président Dénis Sassou-N’guesso présidant la table ronde du fonds bleu à Brazzaville

Une pluie de milliards pour le poumon vert de l’Afrique

Avec ses 300 millions d’hectares de forêts et ses tourbières colossales, le Bassin du Congo joue un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial et la préservation de la biodiversité. Constat lucide partagé par M. Léandre Bassolé, directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale : les pays de la sous-région ne peuvent plus supporter seuls le coût de la préservation de cet écosystème considéré comme un patrimoine mondial.

Présence du président de la RCA, Faustin Archange Touadéra

Le message a été reçu cinq sur cinq, et les annonces de contributions se sont enchaînées au cours de la session. Ainsi, le Groupe de la Banque mondiale mène le bal avec une enveloppe majeure d’un milliard de dollars, talonné de près par la BDEAC qui frappe fort en mettant sur la table 600 millions de dollars. De son côté, la Chambre africaine de commerce s’aligne avec un appui du même montant, soit 600 millions de dollars exclusivement sous forme de dons, tandis que le Fonds vert pour le climat flèche 320 millions de dollars vers les actions de la Commission. La BAD complète ensuite ce tour de table financier avec un amorçage de 250 millions de dollars.

Participation du Président de la république du Gabon, Oligui Nguema

À cette impressionnante mobilisation s’ajoute l’apport crucial du FAGACE (Fonds Africain de Garantie et de Coopération Économique), qui a rassuré l’ensemble des participants quant à sa pleine disponibilité pour accompagner les contribuables à travers une assistance technique sur mesure et l’octroi de garanties financières stratégiques.

Le Président de la BAD, Sidi OULD TAH

L’exigence de Denis Sassou-N’Guesso : « Des financements réels avant fin 2026 »

Dans son discours de clôture, le président Denis Sassou-N’Guesso n’a pas caché sa satisfaction, saluant une rupture nette avec l’époque des promesses lointaines.
« Nous venons de poser un pas supplémentaire dans la marche vers le début de la réalisation du mandat statutaire du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, attendu par les États et les populations ainsi que toutes les autres parties prenantes. En effet, et conformément à l’article premier de ses statuts, le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo a pour mandat de mobiliser les ressources auprès des investisseurs, des bailleurs et des donateurs ainsi que des contributions des pays membres, en vue du financement de la mise en œuvre des programmes, projets et activités couvrant le développement durable, la lutte contre les changements climatiques et la promotion de l’économie bleue dans son champ d’intervention. »
Cependant, le président de la CCBC a immédiatement troqué le costume de diplomate pour celui de gestionnaire rigoureux, fixant un calendrier serré aux bailleurs et aux 17 pays membres de l’organisation : « Les États concernés ne ménageront aucun effort pour que les objectifs fixés par cette première table ronde soient atteints avec succès dans les délais fixés.

    Prise de parole du président de la BDEAC, Dieudonné Evou Mekou

Notre souhait est clair et précis : les premiers financements réels des projets doivent intervenir avant la fin de l’année 2026. Ainsi, avec le financement des projets prioritaires issus des États et des organisations sous-régionales, nous sommes en train d’aller progressivement vers l’émergence d’une économie du climat réelle et d’une économie bas-carbone au service du développement de nos États et du bien-être de nos populations, en lien avec la protection de l’environnement.

Présence des représentants du Cameroun et du Rwanda 

Cap vers l’action

Pour transformer ces promesses en chantiers visibles sur le terrain, une approche méthodologique stricte a été élaborée conjointement par la BDEAC, la Commission Climat du Bassin du Congo et la Banque africaine de développement. Alignés sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine, la Déclaration de Marrakech et les plans nationaux de développement, les projets validés entrent désormais dans leur phase opérationnelle. Le Bassin du Congo a cessé de négocier son avenir ; il est en train de financer concrètement sa survie.